CAPI, diabète et aspirine

Dans le CAPI il y a donc une contre-partie financière au respect des objectifs des niveaux cibles des indicateurs:

“4.2. Contrepartie financièreL’assurance maladie verse au médecin une contrepartie financière, tenant compte de la progression et del’atteinte des objectifs du contrat, dont le montant est défini comme suit :4.2.1. Pour chaque indicateur et pour la durée du contrat sont définis un niveau initial, un objectifintermédiaire et un objectif cible. Ces éléments figurent en annexe 1 au présent contrat.”

Analysons: le Champ: suivi des maladies chroniques, le Thème:diabète et l’ Indicateurs et niveaux cibles à 3 ans:Nombre de patients diabétiques(âge supérieur à 50 ans pour les hommes et 60 ans pour les femmes) traités par anti-hypertenseurs,statines et  aspirine faibles dose/total diabétiques (âge supérieur à 50 ans pour les hommes et 60 ans pour les femmes) de la patientèle traités par anti-hypertenseurs et statine: objectif intermédiaire 55%, objectif cible:65%.

D’où vient cet indicateur?

Du référentiel HAS/AFSSAPS:novembre 2006:Traitement médicamenteux du diabète de type 2.


Confrontons à présent cet  indicateurs du CAPI au référentiel HAS de novembre 2006 et aux données de la science à ce jour.

•Dans l’argumentaire du référentiel HAS on lit:

page 104: “recommandations: L’administration de faibles doses d’aspirine (75 mgj) est recommandée chez le diabétique de type 2 hypertendu en prévention cardiovasculaire primaire. (Recommandation de grade C).”

-page 111:“L’administration de faibles doses d’aspirine (75 mg à 300 mg) est recommandée chez le diabétique à haut risque cardiovasculaire en prévention primaire (grade B) en association au traitement hypolipémiant.” Le haut risque étant défini page 109 et 110:  » soit par une atteinte rénale, soit par un diabéte évoluant depuis plus de 10 ans et au moins deux des facteurs de risque notamment: âge homme de 50 ans ou plus femme de 60 ans ou plus et HTA permanente traitée ou non. »

-page 129, paragraphe 15.1.4:”Une méta-analyse des essais thérapeutiques des anti-agrégants plaquettaires a montré leur capacité à réduire le risque de survenue d’infarctus du myocarde ou sa récidive dans la population générale (10). L’on ne dispose pas d’analyse par sous-groupe de ces grands essais concernant le diabète de type 2. Les résultats des études EDTRS et DAMAD plaident aussi pour leur capacité de réduction de la mortalité cardiovasculaire chez le diabétique de type 2 (en prévention primaire et secondaire). »

Donc les recommandations, (de grade C)  sont formulées page 104 avant d’en donner les preuves scientifiques page 111 .Le grade B est donné mais il faut un diabète de plus de 10 ans, un critère d’âge et l’HTA. Le critère d’un diabète de plus de 10 ans a disparu dans les indicateurs du CAPI.

Et plus tard, page 129, nous avons enfin accès aux études sur lesquels la
HAS s’appuit pour formuler ses recommandations.

•Il est possible de dire que cet indicateur CAPI est contestable pour 2
raisons:

-il reprend une recommandation de la HAS en l’amputant d’une de ses définitions (diabète de plus de 10 ans) .
-il s’appuie sur des études qui depuis sont invalidées par des études plus récentes et qui formulent des recommandations inverses: « A ce jour la revue de la littérature ne permet que de conclure pour notre pratique:aucune recommandation sur ce point n’est actuellement factuelle ». « Le diabète ne justifie pas en soi la prescription systématique
d’aspirine en prévention primaire du risque cardio-vasculaire.« Cf notre article: Aspirine en prévention primaire chez le diabétique.

Rappel:Force des recommandations (Grade):

grade B:présomption scientifique.

grade C:faible niveau de preuve scientifique.

Un commentaire

  1. JOLIVET dit :

    Bonjour,
    Publication du Pr AUTRET-LECA de TOURS: »aspirine et placebo:mêmes résultats en prévention primaire cardio vasculaire chez le diabétique »,même si l’étude manque d’ampleur.(http://www.bip31.fr)
    Cordialement