pas de simplification administrative

Le diabète de type 2 est une Affection de Longue Durée prise en charge à 100 %, c’est-à-dire: “une maladie qui nécessite des soins prolongés (plus de six mois) et dont les traitements sont coûteux.”

C’est pourquoi, l’Assurance Maladie rembourse à 100 % les dépenses liées à ces soins et traitements.

Pour cela il est nécessaire que le médecin traitant remplisse un protocole de soins : “un formulaire de prise en charge qui ouvre les droits au 100% et qui indique les soins et les traitements nécessaires à la prise en charge de la maladie du patient: ceux qui sont pris en charge à 100 %, ceux qui sont remboursés aux taux habituels de la sécurité sociale et ceux qui ne sont pas du tout pris en charge”

Or depuis juillet 2007, l’Assurance Maladie met en place diverses mesures pour simplifier l’établissement du protocole de soins, afin que les médecins” puissent consacrer plus de temps à la pratique médicale.”

L’assurance maladie stipule  donc que  pour le protocole de soins il suffit de mentionner sur le formulaire:” la liste des actes et prestations de la HAS correspondante.”. Ceux-ci sont détaillés dans un guide médecin dont l’objectif est d’expliciter pour les professionnels de santé la prise en charge optimale et le parcours de soins d’un malade admis en ALD au titre de l’ALD 8 : diabète. Ce guide est limité à la prise en charge du diabète de type 2.


Les principales sources utilisées pour élaborer ce guide sont:

  • Traitement médicamenteux du diabète de type 2: Afssaps/HAS:2006.
  • Prise en charge thérapeutique du patient dyslipidémique: Afssaps 2005.
  • Recommandations de diagnostique et prise en charge de l’HTA essentielle de l’adulte: HAS 2005.
  • Suivi du patient diabètique de type 2 à l’exclusion des complications: Anaes 1999.

Or nos analyses montrent que certaines de ces recommandations HAS ne sont pas recommandables1.


En conclusion: L’établissement de ce protocole de soins concernant le diabète de type 2 n’est pas à simplifier contrairement aux mesures prises par  l’assurance maladie.


  1. http://www.voixmedicales.fr/?p=334 []

Un commentaire

  1. NICOT dit :

    L’idée que la majorité se fait du diabète de type 2 est qu’il faut traiter un maximum, avec toutes les armes disponibles. En 2006-2007, avec la sortie des controverses sur la rosiglitazone , certains analystes hautement experts concluaient qu’ils valaient mieux faire courir le risque d’une Insuffisance cardiaque et épargner les coronaires (sic) ! Cela retarda l’arrêt de la prescription de quelques années…
    Des données récentes, nous ont montré que le traiter trop n’entraînaient pas de bénéfice (ACCORD, VADT ). J’attends avec impatience la publication de l’étude ADDITION, présentée en congrès en Octobre 2010, qui montre que le traitement intensif avec IEC, statines et aspirine n’apporte pas de bénéfice par rapport à un traitement laxiste.
    Mac Allister en 2006 dans Quality Safety health Care, avait analysé une cohorte de 24 232 patients diabétiques de type 2 et constatait que si les prise en charge par des endocrinologues étaient associées à un meilleur suivi des recommandation, la mortalité des patients n’étaient pas meilleur, elle s’aggravait même, et cela en tenant compte d’un ajustement aux comorbidités. Mais Mac Allister a-t-il trop dérangé ?
    Ce que le Formindep pointe avec justesse dans la problématique des recommandations sous influence, l’affaire du Benfluorex le démontre.
    Nous médecins devons faire l’effort de garder des données dures, nous avons le devoir de réveiller nos autorités. Nos patients le valent bien !
    Le professeur DEGOS, président de la Haute Autorité de santé, vient le 08 Décembre en conclusion d’une journée de la HAS sur la sécurité des soins, d’émettre toutes sortes de bilans et de propositions, pour finalement éviter de parler de la mise en cause de son administration à propos de sa gestion des conflits d’intérêts de ses experts, ni sur la lenteur avec laquelle l’affaire du Médiator a été traitée. Pourtant il y a là deux gisements de qualité considérables. Mais voilà, on parle de sécurité de soins et pas des choses qui fâchent, donc pas un mot sur le scandale de l’année, sur ces victimes. Etonnant non? Aurait dit l’humoriste.

    Merci donc pour ce blog!
    Philippe Nicot