Efficacité de l’Arnica Montana : Une revue de la littérature (thèse B. COUATARMANACH avril 2011)

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Et vous, vous y croyez ?

L’homéopathie suscite toujours des débats vifs sur ce mode d’une croyance ou non.

Brice COUATARMANACH sort de ces polémiques pour poser les bonnes questions et y apporter des réponses en rapport avec nos connaissances actuelles, dans le cadre défini, dès le départ, de celui de l’Evidence Based Medicine.
Il n’existe pas de preuve d’une efficacité de ce traitement.

Les origines et le mode d’action présumé de l’homéopathie nous sont rappelés de façon vivante, de façon « dynamique ».

Il nous est également rappelé que cette médecine bénéficie d’une reconnaissance officielle en France, y compris par son remboursement par les organismes d’assurance. Toutefois, il convient de ne pas oublier que l’homéopathie bénéficie d’un traitement particulier concernant l’Autorisation de Mise sur le Marché.

« La législation prévoit une dérogation concernant les traitements homéopathiques. En effet, l’article L5121-13 du code de la santé publique stipule que les médicaments homéopathiques ne sont pas soumis à l’autorisation de mise sur le marché comme les autres médicaments «allopathiques» à condition que :

  • L’administration de ces substances se fasse par voie orale ou externe.
  • Qu’il n’y ait pas d’indication particulière inscrite sur le médicament.
  • Que le degré de dilution permette une innocuité complète du médicament.

Mais il faut tout de même procéder à un enregistrement du produit auprès de l’AFSSAPS.
Donc il n’est pas nécessaire, pour les médicaments homéopathiques, de constituer un dossier prouvant leur efficacité. »

Enfin, nous apprenons que la consommation homéopathique est importante en France et en constante progression depuis plusieurs années.

Au-delà de cet engouement, qu’en est-il de la réalité « scientifique » de l’efficacité de l’homéopathie ?

Pour répondre à cette question, l’auteur passe en revue les différentes études conduites sur un produit : Arnica Montana.
La méthodologie de recherche est rigoureuse, documentée et repose sur des éléments factuels.

C’est à une description très précise de méta-analyses et d’études que se livre ensuite Brice COUATARMANACH.

Pour résumer, voici deux extraits particulièrement significatifs des effets de l’Arnica :

Revue systématique de Ernst et Pittler sur les essais cliniques sur l’Arnica.

Les auteurs concluent que l’efficacité de l’Arnica montana par rapport au placebo n’est pas démontrée par des études de qualité, et que plus la qualité de l’étude est importante moins l’Arnica est efficace.

 

Méta-analyse allemande de 2005 de Rainer Lüdtke et al.

Les auteurs constatent que plus les études sont détaillées et de meilleure qualité, moins les résultats sont en faveur d’une preuve d’efficacité de l’Arnica. »

 

En dehors des nombreux biais méthodologiques décrits pour les études analysées, l’auteur aborde avec justesse les problèmes de liens d’intérêts des auteurs de ces études,  pouvant faire conflits.
On regrettera que l’auteur de la thèse ne publie pas lui-même une déclaration de lien ou d’absence de lien d’intérêt (*)

Essayant d’élargir le débat à l’ensemble de l’homéopathie, l’auteur de la thèse fait un tour d’horizon des différentes publications sur le sujet.

Le résultat est très proche de l’étude spécifique de l’Arnica et pour exemple :

« En avril 2010, le Dr Ernst publie dans The Medical Journal of Australia une revue de la littérature basée sur les analyses déjà effectuées par la Cochrane Collaboration «les résultats des revues de la Cochrane sur les études portant sur l’homéopathie ne montrent pas que cette thérapeutique a un effet supérieur au placebo».

Bien qu’il semble que cette pratique soit sans effet secondaire négatif, il est légitime de s’interroger sur le bien fondé d’une thérapeutique n’ayant pas fait la preuve de son efficacité, en particulier si cela nuit à la mise en place d’un traitement valide.

Mais comme le rappelle avec à propos l’auteur de ce travail :
« Néanmoins il est nécessaire de préciser que l’absence de preuve de l’efficacité d’un traitement n’est pas synonyme d’inefficacité. Les études ont globalement de faibles échantillons et la puissance d’une étude est directement corrélée à la taille de ces derniers. Il ne faut pas conclure définitivement à l’inefficacité de l’Arnica montana. »

Il donne d’ailleurs la parole à 3 médecins homéopathes qui expriment leurs doutes sur la validité de ces études.

Toutefois, n’oublions pas l’article R4127-32 du code de santé publique :

« Dès lors qu’il a accepté de répondre à une demande, le médecin s’engage à assurer personnellement au patient des soins consciencieux, dévoués et fondés sur les données acquises de la science…. »

 

 

(*) depuis cette publication,  l’auteur non a prié d’insérer sa DPLI (le 28/08/11)  :

« Médecin généraliste remplaçant depuis deux ans et très prochainement installé, je suis lecteur de Prescrire et adhèrent au FORMINDEP. Mon seul lien d’intérêt est d’avoir accepté, en juillet 2011, le remboursement des frais d’impression de ma thèse par le laboratoire AstraZeneca. Je n’ai aucun autre lien d’intérêt avec l’industrie Pharmaceutique. »

 

 

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