… un médecin coordinateur du dépistage par mammographie qui me veut du bien mais qui m’informe mal.

Monsieur le médecin coordinateur du dépistage organisé du cancer du sein, 

Vous m’avez adressé une invitation au dépistage organisé du cancer du sein. Ce dépistage m’est donc adressé comme à toutes les femmes de ma tranche d’âge.

Vous me dites à propos de ce dépistage :

“au cours de sa vie, près d’une femme sur huit sera confrontée à ce cancer qui met en général plusieurs années à se développer. Il est donc essentiel, dès 50 ans, de participer au dépistage organisé afin de pouvoir traiter au plus vite d’éventuelles anomalies”. 

De plus dans la plaquette d’information que vous me joignez il est écrit :

”Le dépistage du cancer du sein permet de déceler d’éventuelles anomalies très tôt, en l’absence de tout symptôme. Cela permet de se soigner plus facilement et d’avoir les plus grandes chances de guérison”.

Dans la même période, j’ai également reçu une invitation pour participer, en tant que médecin, le samedi 19 novembre 2011 à la « 3ème JOURNEE PREVENTION ET SANTE EN VAL D’OISE », organisée par Prévention et Santé en Val d’Oise (on appréciera tout particulièrement le cadre, le repas offert ainsi que le spectacle. Un grand merci aux souteneurs institutionnels)

Il y a deux ans, en toute confiance, j’ai effectué le dépistage par mammographie.

Cette année, divers éléments m’ayant interpellée, j’ai voulu connaître  les données actuelles de la science à propos du dépistage systématique du cancer du sein par mammographie avant de me décider. Voici le résultat de mes recherches :

Les essais:

Les mammographies de dépistage des cancers du sein ont fait l’objet de dix essais comparatifs randomisés, tous réalisés dans la population générale, chez des femmes âgées de 40 ans à 69 ans :

  • l’essai HIP de New York
  • l’essai Tedc d’Edimbourg
  • l’essai de Malmö 1 et l’essai de Malmö 2, tous deux menés en Suède
  • l’essai de Göteborg
  • l’essai de Stockholm
  • les essais des deux comtés suédois( Kopparberg et Ostergötland)
  • deux essais canadiens: NBSS 1et NBSS 2. 
Seuls trois essais menés au total chez environ 130 000 femmes sont de bon niveau de preuve : essai Malmö 1 de Suède et les essais NBSS du Canada.  Aucun d’entre eux n’a montré de diminution statistiquement significative ni de la mortalité totale ni de la mortalité par cancer du sein.

 

La synthèse méthodique Cochrane :

La synthèse méthodique avec méta-analyse de Gotzsche et Olsen, réalisée en 1999 au nom d’un groupe du Réseau Cochrane et financée par des institutions danoises a mis en doute l’utilité du dépistage mammographique en raison de l’absence de preuve de son efficacité à diminuer la mortalité par cancer du sein. Ces résultats furent vigoureusement critiqués et à l’origine d’une longue polémique de la part des professionnels de santé et des scientifiques engagés dans ce dépistage. Ceux-ci firent  appel à l’OMS de Genève et en 2002 un rapport d’experts s’est appuyé sur des données de moins bon niveau de preuve pour justifier le dépistage par mammographie. (La Revue Prescrire Mai 2006/TOME 26 N°272 ,  Les Cinquièmes rencontres du Formindep, exposé de Bernard JUNOD, Villejuif, novembre 2010)

La mise à jour de cette méta-analyse a confirmé les résultats antérieurs : pas d’efficacité démontrée dans les trois essais les plus fiables.  (La Revue Prescrire octobre 2007/TOME 27 N° 288)

 

Les essais des “deux comtés” mis en doute :

Les grands programmes de dépistage de cancer du sein par mammographie lancés en Amérique et en Europe reposent sur l’étude des deux comtés suédois (Kopparberg et Ostergötland) qui, à sa publication en 1985, annonçait une réduction de 30 % de la mortalité du cancer du sein chez les femmes ayant bénéficié d’un dépistage par mammographie. En 2006 une équipe de chercheurs a réexaminé les registres des cancers suédois ayant servi à déterminer le nombre de cancers du sein. Le résultat de ces recherches est incompatible avec les données officielles, la mortalité par cancer du sein dans le groupe des femmes dépistées étant plus importante que celle publiée dans l’essai. La publication de leur étude fut l’objet d’âpres polémiques. L’article ayant été initialement publié sur le site internet de l’ European Journal of Cancer pour être retiré par la suite sans explication sur décision de la rédaction, pour finalement être publié dans le Danish Medical Bulletin.  (La Revue Prescrire Octobre 2007/Tome 27, Médecine, février 2008)

En France un programme de dépistage généralisé se mit en place progressivement: trois départements en 1989, treize en 1994, trente et un en 1999 et en 2004 le dépistage organisé fut étendu à l’ensemble des 96 départements. Le dépistage par mammographie avait déjà débuté comme le montre la figure suivante: en 1980 il y avait 308 mammographes et 2511 en 2000, à peu près 350 000 mammographies en 1982 et 3 millions en 2000.

Il y a eu 3056 décès de plus en 2006 qu’en 1980 et 28110 diagnostics de cancer du sein en plus en 2006 qu’en 1980. 

Comme le laissait prévoir les essais de bon niveau de preuve, les mammographies de dépistage de cancer du sein n’entraînent pas de diminution de la mortalité.

Comme je peux le lire sur la plaquette d’information que vous m’avez adressée, le dépistage du cancer du sein par mammographie repose sur le présupposé que déceler précocement une lésion de petit volume permet de se soigner plus facilement avec de plus grandes chances de guérison.

En mars 2005, le European Journal of Cancer note sous la plume de Gilbert Welch qu’un diagnostic posé par l’examen au microscope d’un prélèvement ponctuel n’est pas toujours prédictif d’une véritable maladie cancéreuse.

Des données épidémiologiques australiennes et norvégiennes ainsi qu’une étude analysant le taux de diagnostics par excès dans l’essai Malmö-1 montrent qu’entre 24% et 30% des cancers dépistés étaient des diagnostics par excès.(La Revue Prescrire Octobre2007/Tome 27N°288).

Plusieurs études ont montré que les diagnostics de cancer du sein recherchés sur des femmes décédées d’une cause indépendante du cancer sont nombreux. Par ailleurs quand on compare la fréquence des diagnostics dans deux groupes de femmes où l’un est dépisté plus souvent que l’autre, après plusieurs années de recul on constate un nombre plus élevé de diagnostics dans le groupe dépisté, sans compensation ultérieure. Le dépistage systématique dépiste donc des cancers qu’il eût mieux valu ignorer. (Médecine, février 2008).

L’épidémie apparente de cancer du sein en France a fait l’objet d’une étude récente. Elle a comparé des cohortes appariées selon l’âge de 1980 à 2005 afin de quantifier la part de l’augmentation de l’incidence de cancer du sein attribuable à l’évolution dans le temps de l’exposition aux facteurs de risque et au surdiagnostic dû au dépistage organisé. Les auteurs concluent que l’augmentation de l’incidence du cancer du sein en France depuis 1980 reflète dans une large mesure l’augmentation du  surdiagnostic, celui-ci incluant des erreurs de diagnostic et de vraies lésions cancéreuses qui n’auraient pas eu d’impact sur la santé de la femme. (Bernard Junod, Per-Henrik Zahl, Robert M Kaplan, Jorn Olsen, Sander Greenland, Investigation de l’épidémie apparente de cancer du sein en France: dépistage et évolution de l’incidence par le suivi des cohortes de naissance.BMC Cancer 2011 et Site du Formindep).

Le dépistage par mammographie du cancer du sein provoque donc des sur-diagnostics, non prédictifs d’une véritable maladie cancéreuse. Il convient de distinguer clairement d’une part « avoir des cellules cancéreuse » ce dont s’accommode fréquemment la nature et la bonne santé, et d’autre part développer une maladie cancéreuse qui justifie, dans certaines conditions, une prise en charge médicale.

Les conséquences de ces sur-diagnostics sont nombreuses :

  • Traitements lourds parfois inutiles, souvent mutilants : radiothérapie, chimiothérapie, mastectomies.
  •  Réactions anxieuses, voir dépressives, parfois prolongées, suite à la détection d’une anomalie. (La Revue Prescrire Mai 2006/ TOME 26  N°272) 
  •  Accélération de la manifestation de métastases dans les organes vitaux dont plusieurs publications font état et qui serait la conséquence des actes contondants à visée diagnostiques (biopsie à l’aiguille ou chirurgicale) mettant en circulation des produits responsables de la stimulation des métastases ou des actes chirurgicaux thérapeutiques, exérèse de la tumeur primaire levant une inhibition de la croissance.  (Médecine Octobre 2006)
  •  Augmentation des mastectomies : le bénéfice attendu du diagnostic précoce du cancer du sein est une diminution de la nécessité d’une chirurgie mutilante. Les résultats des essais d’évaluation du dépistage mammographique, notamment la revue Cochrane, montrent une augmentation du nombre de mastectomies depuis la mise en place du dépistage. (La Revue Prescrire Mai 2006/ TOME 26  N°272) 
  • Une équipe norvégienne vient de publier les résultats d’une enquête évaluant l’impact des mammographies de dépistage sur la chirurgie du cancer du sein. Cette enquête montre que la réduction attendue du taux de mastectomies et l’augmentation de la pratique de la chirurgie non invasive ne sont pas là. (Jim le 27/09/2011. BMJ 2011; 343: d4692 doi: 10.1136/bmj.d469)
  • Le dépistage du cancer du sein par mammographie est source d’irradiations répétées des seins. Même si par une démarche qualité cette irradiation peut être contrôlée et évaluée, sa répétition constitue une accumulation de petites doses avec augmentation du risque de cancers. ( La Revue Prescrire Mai 2006/ TOME 26  N°272, Médecine octobre 2006)

Au total :

Ce dépistage systématique n’apporte pas d’amélioration en termes de mortalité, sur-diagnostics, souffrance et mutilations supplémentaires : la balance bénéfice/ risque n’est pas favorable.

Voilà pourquoi, à la lumière des données actuelles de la science, j’ai décidé à titre personnel de ne pas suivre vos conseils et de ne pas subir de mammographie de dépistage.

En tant que médecin et en vertu de la Loi 2002-303 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades,  j’apporterai à mes patientes toutes les informations qui leur seront nécessaires pour qu’elles puissent décider, pour elles mêmes, en toute connaissance de cause.

Cette lettre sera publiée sur le blog Voix Médicales, dont je suis la co-administratrice. La publication sur Voix Médicales répond à la volonté de construire une expertise généraliste indépendante fondée sur des données fiables et de permettre un débat ouvert à tous et sans lien d’intérêt avec l’industrie pharmaceutique.

 

Nathalie Péronnet Salaün

Nous vous invitons à participer à ce débat sur le dépistage par mammographie du cancer du sein. Il est ouvert à toutes et tous. Pour les professionnels de santé ou pour ceux intervenant dans le domaine de la santé il est impératif d’intégrer à votre commentaire une DPLI.

 


 

 


 

 

 

15 Commentaires

  1. Masquelier Philippe dit :

    Un grand merci pour ce courrier que je ne manquerai pas d’adresser au médecin coordonateur de mon secteur et de laisser traîner dans ma salle d’attente.

    Philippe Masquelier médecin généraliste libéral et medecin coordonnateur d’un ehpad géré par la Croix Rouge française. Membre du bureau du Formindep. Je déclare n’entretenir aucun lien avec les entreprises produisant et commercialisant des produits de santé.

  2. @Farigoule dit :

    Merci, je comprends mieux mon bon docteur qui me dit que ce n’est pas la peine de se faire dépister, que ça enrichit les labos sans soigner personne et qu’il vaut mieux laisser vivre ses cellules cancéreuses chargées du nettoyage.

  3. Gourgues Thierry dit :

    Bravo pour cette synthèse très complète des dernières données de la science ! On pourrait bien sur y rajouter le dernier article du Lancet ecology sur les régressions spontanées de cancer du sein (http://www.thelancet.com/journals/lanonc/article/PIIS1470-2045(11)70250-9/fulltext) ou celui du BMC sur l’ efficacité des campagnes de sensibilisation d’octobre rose (http://www.biomedcentral.com/1471-2407/11/442/abstract).
    Mais la seule chose que je retiens d’abord de cet article, c’est la colère d’une femme plutôt que celle d’un medecin, celle d’une personne en bonne santé qui a perçu les manipulations grotesques d’une invitation pseudocommerciale à un soin devenu suspect d’intérêts autres que celui de son bien-être. C’est d’ailleurs pourquoi en son temps (2008), une équipe de chercheurs indépendants très pointus sur le sujet avait élaboré une brochure d’information compréhensible du plus grand nombre pour apporter une information équilibrée sur les bénéfices et les préjudices du dépistage organisé du cancer du sein. Cette brochure, traduite en 13 langues, et qu’on peut découvrir dans sa version française ici (http://www.formindep.org/Depistage-du-cancer-du-sein-par-la.html) est bien sur, à la lecture de la synthèse de Nathalie, toujours terriblement d’actualité.

    DPI: Thierry Gourgues, medecin généraliste, membre du Formindep, sans lien direct ou indirect, mineur ou majeur avec des entreprises qui produisent ou promeuvent des produits de santé.

    NB : dans la première phrase du paragraphe « au total », je mettrai un « mais » plutôt qu’une virgule entre « mortalité » et « surdiagnostics » pour enlever toute ambiguité.

  4. Louis Lebrun dit :

    Merci, Chère Collègue, pour cette « lettre ouverte » bien documentée. Si Thierry Gourgues signale la brochure de 2008 qu’il a traduite, je me permets de signaler le rapport de mars 1997 de l’ANAES, toujours accessible depuis le site de la Haute autorité de santé (http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_267291/cancer-du-sein-depistagepdf), consacré à l' »évaluation du programme national de dépistage systématique du cancer du sein ».
    Rédigé fin 1996, il mentionnait que « l’intérêt d’un dépistage systématique du cancer du sein chez les femmes de plus de 50 ans est scientifiquement établi, dans des conditions expérimentales ou quasi- expérimentales. L’efficacité d’un programme mis en œuvre dépend des conditions de son déroulement, » ce qui signifiait en fait que dès lors qu’on était en conditions « de la vraie vie » la question était ouverte… Il signalait (p.22-24) qu’il était « fondamental de discuter les avantages et inconvénients procurés par un programme de dépistage, tant pour la collectivité que pour les femmes concernées » et proposait notamment de développer le suivi et l’évaluation, en particulier de mettre en oeuvre des recherches psychologiques et des études économiques.
    Combien de ses préconisations ont-elles été traduites en actes ?
    Par ailleurs, avez-vous connaissance d’une analyse de la pertinence du dépistage du cancer colo-rectal ? Atteint moi aussi par la limite d’âge, j’ai reçu une invitation il y a quelques jours à consulter mon médecin pour que me soit remis le matériel ad hoc. Mais, à la différence du dépistage du cancer du sein, celui du cancer colo-rectal n’est pas véritablement gratuit : la consultation de remise n’est pas prise en charge à 100%, mais remboursée dans les conditions habituelles… ce qui est peut-être assez dissuasif pour nombre de personnes, qui se considérant comme bien-portantes ne verront pas pourquoi elles dépenseraient quelques euros pour se voir remettre un dispositif dont je ne suis pas persuadé de la bonne acceptabilité… ni de la sensibilité. Est-ce volontaire de la part de l’Assurance maladie ?

    DPI : Louis Lebrun, médecin spécialiste de santé publique, sans lien direct ou indirect, mineur ou majeur avec des entreprises qui produisent ou promeuvent des produits de santé. Rédacteur du rapport ANDEM/ANAES cité, lequel précise que « L’ANDEM assume les positions et les recommandations exprimées dans ce document, qui n’engagent aucun des experts individuellement. »

  5. Rachel Campergue dit :

    J’ai découvert votre lettre suite à votre commentaire posté sur l’émission « La tête au carré » et reconnu ma colère.

    Le gouffre est immense entre les conclusions des méta-analyses de Cochrane et le message simpliste délivré aux femmes. La promotion (je ne vois pas de meilleur terme) du dépistage tel qu’elle est faite n’est ni éthique ni justifiable moralement. Elle est basée sur des perceptions erronées (tout cancer du sein est mortel => le dépistage m’a sauvé la vie => si vous doutez du dépistage et osez « semer la confusion dans l’esprit des femmes » vous êtes un assassin) et de fausses promesses (sauve des vies, traitements moins lourds).

    Actuellement, il semble que nos instances de santé publique reconnaissent l’existence de certains problèmes (bien obligées, autrement elles ne seraient plus crédibles), mais persistent cependant à conclure pour les femmes : « Il faut continuer », « Le dépistage est une véritable chance pour les femmes », « Quoiqu’il en soit, la balance bénéfices/risques est positive », « Faire une mammographie de dépistage tous les deux ans est important pour vous. » Cette façon de décider en amont pour les femmes de ce qui est le mieux pour elles fut de tout temps inadmissible. Elle l’est d’autant plus aujourd’hui. De même que l’intolérance à l’égard de celles qui refusent le dépistage (pour info, je fus traitée d’inconsciente pour avoir refusé la mammographie à l’âge de 42 ans, d’où le bouquin).

    J’ai lu récemment dans un magazine féminin « Nous n’avons pas le droit de passer à côté du dépistage ». Lors du sondage RTL du 5 octobre « Cancer du sein : faut-il rendre le dépistage obligatoire ? », plus de 72% des interviewés répondaient « oui ». Ces sondages n’ont bien entendu aucune valeur scientifique. Tout de même, cette intolérance est bien inquiétante.

    Merci mille d’avoir écrit cette lettre.

    Rachel Campergue
    « No Mammo? Enquête sur le dépistage du cancer du sein » ed Max Milo
    Aucun lien d’intérêt à part d’être l’auteur d’un livre qualifié « d’anti-dépistage » pour demander simplement l’application du principe du consentement éclairé.

  6. Brassac dit :

    Madame, merci.
    En tant que patiente, je trouve le discours médical actuel souvent infantilisant et culpabilisant particulièrement dans les cabinets de gynécologie. Ceux-ci m’incitant à une grande méfiance envers ce même corps médical.C’est pour cela madame, que je vous dit merci. Merci de me démontrer que nombre de médecins peuvent être différents de ceux que j’ai pu côtoyer. Et que certains peuvent amener un avis éclairé aux patients afin de leur laisser leur libre choix et non pas de décider à leur place. Simple quidam, citoyenne, patiente.
    Merci encore

  7. quilichini dit :

    En complement et pour ceux qui ont un peu de temps pour lire l’excellent blog :
    http://docteurdu16.blogspot.com/2011/11/no-mammo-de-rachel-campergue-un-livre.html

  8. Nathalie Péronnet Salaün dit :

    L.Fayolle dans sa thèse réalise une recherche bibliographique et une analyse rigoureuse des essais cliniques menés sur le dépistage par mammographie du cancer du sein. Cette analyse retient quatre études de bonne qualité méthodologique: les trois études citées dans mon courrier ainsi que l’essai UK Age Trial. Aucune de ces quatre études ne montre d’efficacité du dépistage par mammographie sur la mortalité par cancer du sein.

  9. Easpirit dit :

    Bonjour

    Merci pour ces informations. Cela ne fait que confirmer mes impressions face à ces campagnes de dépistage. Comme pour d’autres pathologies, le dépistage précoce ne permet pas de diminuer la mortalité. Pourquoi donc les autorités ne prennent pas en compte ce paramètre ??
    J’imagine que le dépistage coûte cher ??? Il doit donc rapporter beaucoup…

  10. TARTARIN Jocelyne dit :

    Il est heureux que quelques voix -parmi les médecins- commencent à s’élever.
    En ce qui me concerne, cela fait 30 ans que je dénonce ces abus et l’incitation aux dépistages en tous genres : mammographie, dosage des PSA, test hémoccult, vaccins préventifs (grippe, cancer du col de l’utérus…).
    Une immense arnaque.
    Mais évidemment, c’est plus facile pour cette médecine de « traiter » une maladie qui n’existe pas, car elle est impuissante à guérir une maladie déclarée ; comment peut-on oser affirmer qu’en procédant ainsi, on évite 1100 cancers du seins, etc ? Qui peut affirmer que cette femme qu’on a mutilée ou traitée par chimio alors qu’elle n’était pas malade, aurait développé un cancer ?
    Cette médecine est incapable d’identifier le terrain d’une personne, ni de dater les périodes à risque. Elle se fie à la technique, aux dosages, aux images…
    Ainsi, en 1977, les phosphatases acides de mon beau-père (56 ans) étaient normales ; les médecins (MG, rhumatologue) se contentaient de le traiter pour une sciatique ; c’est moi qui ai fait le diagnostic de cancer de la prostate avec métastases qui provoquaient un syndrôme de la queue de cheval. Grâce à mon intervention il a gagné 3 années de vie.
    Cette médecine est inapte à prévenir, et incapable de guérir.
    C’est un scandale qui coûte cher.
    Voir La Voie, d’Edgar Morin, et la réforme des études de médecines qu’il propose : réintroduire l’apprentissage des humanités, des sciences humaines, des médecines traditionnelles, notamment l’astrologie : notre carte du ciel de naissance étant -dit il- notre ADN astral.
    Lire les ouvrages de Suzel Fuzeau-Braesch (biologiste, directeur de recherches au CNRS pendant 20 ans), ainsi que ceux du Dr Janine Fontaine : « L’astrologie médicale permet d’identifier un terrain individuel pour mieux orienter le diagnostic, d’évaluer le degré de gravité, la durée de l’affection, les risques de récidives, en datant les périodes à risque pour mieux prévenir ; l’astrologie nous permet en quelques minutes -grâce à la carte du ciel de naissance- d’apprécier le poids de l’entourage, du travail, sur une maladie ; lire le thème astral, c’est une façon de lire le passé, le présent et le futur sur une seule image ; c’est un extraordinaire outil de PREVENTION. »
    En ce qui me concerne, j’ai cessé de consulter la gynécologue en 2003, car non seulement elle a refusé d’enlever mon stérilet alors que je lui disais être ménauposée (pas de règles depuis 10 mois), mais elle m’a dit qu’elle ne voulait plus me voir dans son cabinet si je ne faisais pas une mammographie TOUS les ans ; j’en avais fait une l’année précédente.
    Il faut dire aussi que depuis 15 ans, elle ne cessait de me dire : « vous êtes une personne à risques , vous vos seins, j’aime pas… » etc…
    Heureusement, je ne prends pas ces gens-là au sérieux ; mais quelqu’un d’autre -plus fragile- aurait pu angoisser et somatiser…
    Si j’avais continué à la voir tous les ans, à coup sûr, elle aurait trouvé le moyen de me faire enlever au moins un sein !
    Le meilleur moyen de garder ses seins, c’est de ne pas consulter ces gens-là. Je vois régulièrement des femmes -encore récemment une voisine de 84 ans- qui ne sont pas malades, mais qui se voient proposer une mastectomie à la suite d’une mammographie de routine ; pour rien ; récemment, l’une à refusé la mastectomie, mais on lui a proposé des séances quotidiennes de rayons pendant 1 mois, plus un traitement à prendre pendant plusieurs années : elle a toutes les chances de tomber malade, empoisonnée par ce médicament toxique…
    Ah… j’allais oublier de dire que j’ai travaillé pendant 21 ans dans l’industrie pharmaceutique, et avant en milieu hospitalier.
    Il est bien difficile de comprendre comment -malgré tous les scandales et affaires- les gens sont aussi naïfs et font aveuglément confiance à cette médecine barbare.

  11. Éthiquement, les médecins et à fortiori ceux s’occupant de Santé Publique, ont l’obligation de divulguer les dangers des tests qu’ils s’apprêtent à faire subir à leurs patients (es).
    Les dangers de la mammographie de dépistage (sur-diagnostic, principalement), ne sont jamais communiqués aux patients dans les lettres invitant au dépistage.

  12. Catherine Lalot dit :

    Bien que médecin, je n’en suis pas moins femme et me réjouis d’avoir dorénavant un bon défibrillateur qui empêchera cette torture inutile certainement inventée par un monsieur.

  13. Gerint dit :

    Mon opinion est qu’il convient d’informer en effet de l’état des lieux du dépistage pour donner un choix aussi éclairé que possible- et ce n’est pas facile- aux personnes cibles des dépistages. Dans mon entourage, j’ai noté aussi de fréquents faux-négatifs des mammographies avec mort à la clé, qu’on n’aurait il est vrai peut-être pas pu éviter voire même retarder.
    Je crois qu’il faut encore beaucoup travailler sur la qualité des dépistages actuels, trouver des stigmates pronostiques des tumeurs découvertes et fixer les modalités de surveillance adéquats si on ne les traite pas de suite, améliorer spécificité et sensibilité, et améliorer les traitements pour les rendre moins agressifs. En amont il reste à bien établir les facteurs de risque, encore plus les facteurs modifiables dont on connait déjà un certain nombre.
    Je reste optimiste en pensant que les situations non satisfaisantes actuellement seront améliorées demain. Comme dans le domaine cardio-vasculaire par exemple où les progrès me paraissent avoir été fulgurants en assez peu d’années.

  14. Alain Gerbe dit :

    Tout cela va s’améliorer. Le progrès finira par s’imposer grâce au travail de multiples acteurs.

  15. Fèd dit :

    Je ne suis pas une femme, donc dans le fond assez peu concerné, mais étant attentif à cet aspect de la médecine, car, forcément entouré de femme dans ma vie, famille, boulot,….. J’en suis arrivé à me poser la question de savoir si plus encore que la mammographie, certains médecins ne sont plus dangereux que l’acte prescrit.

    Je m’explique, ayant été récemment comme accompagnant de ma femme chez un toubib, j’ai été surpris et scandalisé d’entendre le ‘montage – technico – commercial’ conduisant, à faire accepter quelques examens dont cette mammo. Et en viens à penser que le médecin consulté ne serait pas si bas dans mon estime, s’il avait simplement donné le pour et le contre, plutôt que de verser dans le fait, que ma femme vu son âge très avancé (48ans) était une cancéreuse en puissance, qui ne voulait pas voir la vérité en face. (Nous y allions pour un simple rhume).

    A tel point qu’heureusement qu’il n’avait pas l’appareillage sur place car même moi j’y passais. En conclusion, après avoir été chez un médecin pour un petit rhume, elle en est sortie avec une demande d’analyse de sang, une echo , une mammo, un direct chez le gyné, tout ca en simplement la regardant dans le fond de l’âme et rien qu’avec le tensiomètre.
    Je ne parle pas de son état dépité et accablé, croyant que le monde venait de s’ecrouler autour d’elle.