Ouvrons les yeux!

De retour d’un délicieux colloque indépendant de l’industrie, «Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements», j’ai rédigé en toute simplicité ces quelques lignes:

Osons remettre en question: 

  • Les consultations médicales aboutissant trop souvent sur une prescription médicamenteuse
  • L’insuffisance d’information du patient notamment par manque de temps du médecin
  • Le gaspillage financier qui se fait au détriment de ce qui est réellement utile
  • L’hyperspécialisation de la médecine responsable de l’inflation des dépenses de santé
  • La détection précoce de certaines maladies ou médecine anticipative sans incidence sur la morbi mortalité
  • Le rôle d’éponge des dérives sociétales désormais dévolu au médecin
  • Le façonnage de certaines maladies et la médicalisation de la vie 
  • La peur induite par une médiatisation sélective de la maladie
  • Le lobbying de l’industrie, le pouvoir de l’argent et du monde financier en général et ce qu’ils nous dissimulent
  • Ce que les payeurs peuvent et doivent refuser de payer en particulier les examens, les tests et les traitements inappropriés

Osons simplement:

  • L’indépendance vis à vis des structures de pouvoir influentes
  • Avoir un esprit plus critique
  • Prendre le temps avec nos patients et les écouter
  • Ne pas nier, mesurer et réduire la médecine de gaspillage (iatrogénie, examens et traitements non pertinents destruction de médicaments non utilisés…)
  • Démédicaliser l’existence et retrouver les plaisirs simples de la vie au risque de perdre notre âme.
  • Ne pas considérer notre patient comme un ennemi procédurier
  • Faire preuve d’humilité
  • Ne pas nuire

Des courants sains d’introspections du corps médical existent. 

Puissent-ils redonner au système de santé un peu d’intégrité et d’humanisme.

4 Commentaires

  1. LARY JEAN dit :

    En 1976, Ivan Illich écrit « Némésis médicale : l’expropriation de la santé »
    Ce livre prémonitoire, très peu politiquement correct, nous laissait entrevoir la perversion de notre système de santé …

  2. Mali Xoubian dit :

    Même si la prise de conscience individuelle des praticiens est importante pour lutter contre le phénomène de surmédicalisation, on ne parviendra à changer les comportements en profondeur que si l’on agit sur les structures.
    osons simplement:
    – renforcer le service du contrôle médical au sein de chaque caisse primaire en terme d’effectifs et de prérogatives.
    – ne pas se focaliser sur telle ou telle structure de pouvoir influente, mais tenter de porter un regard global et objectif sur le monde de la santé.

    1. Harriague Jean-Baptiste dit :

      @Mali Xoubian

      Il ne faut pas agir sur les structures.
      Les « structures » devraient prendre conscience que leur management actuel est délétère.
      Renforcer le service du contrôle médical au sein de chaque caisse primaire en terme d’effectifs et de prérogatives ne me paraît pas être un choix pertinent.
      C’est la politique des 3% (plus d’infos dans ce livre ), pathognomonique du management employé dans nos sociétés hiérarchiques.
      Durcir les contrôles pour les « 3% » (c’est pour l’exemple, je n’ai pas les chiffres) de médecins déviants engendrerait des coûts directs (salaire des personnels de la CPAM pour traquer les conduites déviantes) et des coûts indirects (croissance du nombre de médecins burnoutés considérés comme incompétents par la CPAM, de plus les médecins compétents quitteraient le navire par peur d’être sanctionnés).
      Il conviendrait dans le cadre d’un système de santé « libéré » de laisser les médecins faire leur travail et leur faire confiance pour proposer à la population les meilleurs soins au meilleur prix plutôt que de les museler et les sanctionner à tout va.

      Vous écrivez:
      « ne pas se focaliser sur telle ou telle structure de pouvoir influente, mais tenter de porter un regard global et objectif sur le monde de la santé »
      Je suis d’accord avec vous sur la perspective d’une refonte globale du système de soins dont les modalités de fonctionnement seraient issues d’une réflexion collective (patients/professionnels de santé médicaux, paramédicaux, médico-sociaux/assurances/politiques…).
      L’espèce humaine est-elle capable de renoncer à son système hiérarchique induisant dominance, corruption, soumission…et de réfléchir collectivement à un système basé sur plus de confiance, d’empathie, d’altruisme, d’égalité…?

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