Surdiagnostic et surtraitement

Un excellent article est paru début juin dans le British Medical Journal1: « Preventing overdiagnosis: how to stop harming the healthy » (Prévenir le surdiagnostic: comment arrêter de nuire aux personnes en bonne santé ?)

Les auteurs remettent en question la pertinence du dépistage systématique d‘un certain nombre de maladies (cancer du sein, thyroïde…). Ils présentent également plusieurs pathologies (asthme, certaines embolies pulmonaires, diabète gestationnel, hypertension artérielle, hypercholestérolémie…) dont certains critères de classification trop larges, l’hypersensibilité des tests, ont pu aboutir à un surdiagnostic avec parfois surtraitement.

Plusieurs facteurs seraient responsables de ce surdiagnostic. Selon les auteurs de l’article, une croyance intuitive dans la détection précoce, alimentée par une foi profonde dans la technologie médicale, serait sans doute au cœur du problème de surdiagnostic.

Plusieurs propositions afin de limiter le surdiagnostic sont exposées. Nous retiendrons entre autres une conférence prévue en 2013 qui pourrait permettre d’améliorer la compréhension du phénomène du surdiagnostic.

En France, les problèmes de surdiagnostic, de surmédicalisation, de surtraitement sont également pris en considération. Vous trouverez sur pharmacritique les comptes rendus des ateliers du colloque « Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements » qui a eu lieu fin avril 2012. Ils sont également accessibles en format PDF ici.

La prévention de la surmédicalisation ou prévention quaternaire correspond à une action menée pour identifier un patient ou une population à risque de surmédicalisation, le protéger d’interventions médicales invasives. Elle pourrait constituer une mission du médecin généraliste.

Vous trouverez ici un poster présenté aux Rencontres Prescrire 2010 sur la prévention quaternaire.

Je vous propose pour conclure de lire ce texte: « Il you feel OK, maybe you are OK » (si vous vous sentez bien, c’est peut-être que vous allez bien).

BMJ 2012;344:e3502, contenu payant accessible à cette adresse: http://www.bmj.com/content/344/bmj.e3502

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