Médecin généraliste ? Non qualifié par définition pour certains cardiologues.

Chers Confrères,

 

J’ai eu l’occasion de discuter en consultation avec Madame M que vous avez prise en charge dans le cadre d’une rééducation suite à un infarctus inférieur survenu fin octobre 2013, et elle m’a alors fait part d’une remarque que vous lui auriez faite quant à ma qualification à adapter des ordonnances.

En effet, cette patiente a été admise en octobre dernier à la clinique XYZ et elle est ressortie avec un double traitement anti-agrégant plaquettaire associant du TICAGRELOR et de l’ASPIRINE.
Lorsque j’ai revu cette patiente je lui ai substitué le TICAGRELOR par du CLOPIDOGREL sur la base d’informations en ma possession ( Revue Prescrire et Synthèse de la HAS) .
Lors de son admission en rééducation, selon les propos de la patiente, vous vous seriez autorisé à juger mon comportement comme étant inadapté, me considérant comme nullement qualifié pour remettre en question les prescriptions des spécialistes de la clinique XYZ; en termes plus directs, ma qualification de généraliste ne me permettrait pas de discuter une prescription faite par un cardiologue.
Je vous signale pourtant que le médecin traitant de cette patiente est le mieux placé pour juger du traitement à lui administrer en se conformant éventuellement à des avis de spécialistes.
En ce qui concerne  l’association TICAGRELOR ASPIRINE il ressort d’après les études objectives sans conflit d’intérêt (comme cela est le cas pour moi-même) qu’il n’existe pas d’efficacité supérieure de l’association précédemment citée par rapport à celle d’ASPIRINE- CLOPIDOGREL  chez les patients ayant une syndrome coronarien aigu et ayant bénéficié par ailleurs de la pose d’une endoprothèse1
De plus la HAS a émis un avis en 2011 où le BRILIQUE présente un SMR important mais un ASMR niveau IV  (mineur) par rapport à l’association ASPIRINE CLOPIDOGREL.2

En conséquence, je suis surpris de la réflexion que vous auriez pu faire à notre patiente et qu’elle m’a rapporté à mon cabinet concernant ma « capacité » à substituer l’association BRILIQUE ASPIRINE par l’association CLOPIDOGREL ASPIRINE.

Je suis bien sûr preneur de vos remarques et d’études dénuées de conflit d’intérêt que vous pourriez me soumettre, éventuellement en double aveugle et  non biaisées et de bonne qualité méthodologique3 pouvant m’amener à reconsidérer ma position et penser que l’association que vous avez recommandée est réellement supérieure à celle que je préconise en terme d’efficacité et de réduction de la mortalité .
En vous remerciant de l’intérêt que vous avez porté à ce courrier.

 

 

 

 

 

 

 

  1. TICAGRELOR (BRILIQUE®):La revue PRESCRIRE juillet 2011/Tome 31 N°333 p.488-493 []
  2. HAS synthèse ‘avis de la commission de transparence-BRILIQUE® ( ticagrelor)-Décembre 2011 []
  3. http://www.chu-toulouse.fr/IMG/pdf/jlm_nouveaux_med_2012_matinales_mode_de_compatibilite_.pdf []

6 Commentaires

  1. le lann jacques dit :

    Je crois avoir lu dans l’AMM du clopidogrel que l’association avec l’aspirine après infarctus et pose d’une endoprothèse active était d’une durée de six mois, je vérifierais dès que je pourrais sur PRESCRIRE.
    Votre courrier montre une fois de plus que ces « spécialistes » n’ont que mépris pour nous même dans le cas ou vous apportez des arguments validés, je n’ai qu’un profond mépris pour ces gens là (non lecteur de PRESCRIRE) sur le plan thérapeutique.
    Je vais vous donner deux exemples: lors de la mise sur le marché de la rosiglitazone j’ai mis en garde un confrère (et vraiment ami depuis plus de 20 ans) suite à l’article princeps de PRESCRIRE, il m’avait alors tenu de propos lénifiants, je n’ose remettre sur le tapis cette histoire, second exemple: vacataire dans les années 90 au CDAG de Bordeaux j’avais dit à un collègue gynécologue responsable du planning familial que les contraceptifs de 3 ème génération présentaient de trop gros risques, il m’avait répondu de façon déplacée évoquant de ma part une ignorance crasse de la pharmacologie.
    Depuis 2010 je suis en retraite, limite d’àge et j’en ai assez de remplacer, pour le fun, des collègues qui se font balader ou qui font n’importe quoi.
    Bon courage dans votre combat.

  2. Raton dit :

    Une fois de plus, ces messieurs tout auréolés de leur savoir, montrent le mépris qu’il peuvent avoir vis à vis des gens qui ne sont pas du même milieux qu’eux.
    Et là il s’agit d’un médecin, mais je vous laisse imaginer ce que ça peut-être vis à vis d’un simple patient…
    Pour l’avoir vécu, ces messieurs sont d’une intolérance extrême qui leur permet de nous écraser de leurs assertions, et ce sans même nous écouter.
    Ce qui n’est pas le cas de mon médecin traitant avec lequel un vrai dialogue constructif a été possible.

    1. le lann jacques dit :

      Leur savoir est simple: ils ont une plus grande connaissance de la pathologie mais seulement de la pathologie, leur connaissance thérapeutique n’est malheureusement pas toujours basée sur des faits démontrant l’efficacité de telle ou telle molécule sauf s’ils lisent correctement la seule revue indépendante PRESCRIRE http://www.prescrire.org ou s’ils vont sur le site du service de pharmacologie du Pr MONTASTRUC à TOULOUSE http://www.bip.31.fr
      Généralement ils se contentent d’écouter, parfois lors d’un repas dans un bon restaurant ou dans un congrès bidon en bord de mer, les discours « marketing » de l’industrie pharmaceutique qui dépense plus de 4 000 € par an par médecin !!!! pour cette activité.

  3. Mauboussin dit :

    Plainte au CDO pour manquement à la confraternité, ça va le calmer

    1. le lann jacques dit :

      j’ai bien peur qu’une plainte au CDO ne calmera pas ce spécialiste pour avoir vécu ce genre de situation.

  4. le lann jacques dit :

    qui voulez vous calmer ?