Une ADOC harcelante

Femme et médecin généraliste : deux raisons de remettre en cause le dépistage du cancer du sein par mammographie.

Chère consœur,
Je vous renvoie à nouveau la proposition de mammographie dûment remplie, vous m’aviez pourtant assurée dans un précédent courrier que vous ne m’importuneriez plus avec ces relances…
Je vous rappelle que ce dépistage n’a pas fait preuve d’efficacité en terme de morbi-mortalité jusqu’à présent. Chaque femme devrait pouvoir choisir elle-même ce qu’elle désire faire en toute connaissance de cause, en connaissant les risques et les bénéfices de ce dépistage. Ce qui loin d’être le cas de la part de l’ADOC qui promeut le dépistage sous forme de propagande et non d’information fiable. Ceci est indigne d’une société démocratique.
Les femmes invitées savent-elles qu’après 10 ans de dépistage :
– 1 sur 2 000 en tirera peut-être un bénéfice (1 décès peut-être évité)
– 10 sur ces 2 000 auront un traitement inutile ou inapproprié, et à risque? (traitement des cancers qui n’auraient jamais fait parler d’eux et qui n’auraient eu aucun retentissement sur la vie de ces femmes)
– 200 sur ces 2 000 seront inquiétées inutilement avec une ou plusieurs biopsies (faux positifs)
– le taux de survie après ces 10 ans de dépistage sera de :
90.25% chez les femmes dépistées
et 90.20% chez les femmes non dépistées
Étant médecin généraliste, j’essaie de donner ces informations aux patientes qui me le demandent et les laissent décider. Toute décision est respectable, et finalement philosophique :
– je préfère participer à ce dépistage car je veux profiter de son effet potentiellement positif pour moi
– je ne veux pas y participer car j’en crains un effet négatif.
Connaissant maintenant vos méthodes de relances harcelantes, je mettrai en garde les patientes qui font le choix de ne pas y participer.
Bien confraternellement

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