Influence de la presse médicale sur les prescriptions des médecins généralistes libéraux. Etude quantitative en Haute-Vienne (Thèse de Étienne Lasalle le 12 mai 2015)

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L’influence des firmes pharmaceutiques sur les prescriptions médicales est de mieux en mieux connue d’un point de vue scientifique à défaut de l’être de la part des prescripteurs. En 2013, un manuel de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a été traduit en français par la Haute Autorité de Santé (HAS). Enfin ! Car depuis 2010, en France, le scandale du Médiator® a mis en lumière pour le grand public les conséquences que cette influence avait sur la santé des citoyens. Lors des auditions au sénat, des éditeurs de la presse professionnelle financée pour partie par la publicité s’étaient expliqué sur des scotomes de l’information des effets secondaires des médicaments.

A la suite en 2012, la HAS a même formulé des recommandations pour améliorer la qualité de l’information de la presse médicale.

Mais jusqu’à présent aucune étude n’avait mesuré en quoi la lecture d’une presse financée par l’industrie ou indépendante de celle-ci influençait les prescriptions des médecins. Etienne LASSALLE vient de relever ce défi. Dans une étude menée auprès de la moitié des médecins généralistes de la Haute-Vienne, s’appuyant certes sur la déclaration des médecins, il montre que dans diverses situations de pratique quotidienne « les prescriptions des médecins sont significativement majoritairement orientées dans la même direction que la « ligne éditoriale » des revues médicales que les médecins lisent. » Les situations analysées ont été la prescription de Médiator®, le dosage du PSA dans le dépistage du cancer de la prostate, la prescription de glitazones, d’inhibiteurs de la DPP4, des contraceptifs oraux de 3ème et 4ème génération et des inhibiteurs COX-2 sélectifs. »

Pour étudier la ligne éditoriale, Etienne LASSALLE a analysé le contenu de deux revues totalement différentes, la revue Prescrire ®, indépendante de l’industrie pharmaceutique et le Quotidien du Médecin financé en partie par la publicité des médicaments. La différence flagrante et importante entre les prescriptions des médecins lecteurs de ces 2 revues montre qu’alors que nous sommes au lendemain de scandales sanitaires sans précédent, ce sont bien les patients de ces lecteurs de revues qui bénéficieront ou non de prescriptions de qualité. Il est donc urgent qu’une très importante prise de conscience ait lieu en France sur ce facteur de risque sanitaire majeur (pour reprendre l’expression du Docteur Philippe Foucras, président fondateur du Formindep). Lire une revue indépendante est une mesure de santé publique… Et lire la thèse d’Etienne LASSALLE.

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