gynécologie

Dépistage organisé du cancer du sein: Information ou Communication?

Avec l’arrivée d’Octobre, le ruban rose s’affiche partout. Pas une journée sans qu’un média n’en parle, ne relaye l’information officielle.
Chacun est encouragé à convaincre toutes les femmes qu’il connaît, à montrer ses seins pour les sauver. La promesse d’une vie sauvée, contre une maladie toujours présentée comme mortelle, est au cœur du message.
Mieux qu’un ciment social, le ruban rose est notre bouclier contre le cancer du sein. A ce niveau de communication envahissante, l’enjeu doit être majeur.
Il l’est : seule une femme française sur deux répond aux invitations pourtant gratuites. Cette année 2011, le ruban s’est donc décidé à relever le gant pour battre le record du monde de la plus longue communication.1
C’est donc le mois de la communication universelle pour le dépistage du cancer du sein. Mais, malgré ces méthodes de très forte incitation, voire de coercition, les preuves scientifiques étayant ce dépistage sont de plus en plus controversées.
En effet, le bénéfice en terme de mortalité est constamment revu à la baisse, et tant le surdiagnostic 2 que le surtraitement3 ont des conséquences néfastes de mieux en mieux connues et importantes.
Avant de prendre la décision de pratiquer ce dépistage, mieux vaut avoir eu accès à une information sur ces points4. La qualité de cette information a depuis près de 15 ans, fait l’objet d’analyse scientifique que nous abordons dans cet article.

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  1. Selon l’INCA au 11 Novembre 37 000 km de ruban rose ont été réalisés par 50 000 personnes. Sur : http://www.e-cancer.fr/depistage/depistage-du-cancer-du-sein/ruban-rose []
  2. Junod B. Surdiagnostic et dépistage du cancer du sein. Sur : http://www.formindep.org/Surdiagnostic-et-depistage-du.html []
  3. Une étude publiée en septembre 2011 montre un surcroît de mastectomie mutilante et non de chirurgie non invasive. Suhrke P, Maehlen J, Schlichting E, Jørgensen KJ, Gøtzsche PC, Zahl PE. Effect of mammography screening on surgical treatment for breast cancer in Norway: comparative analysis of cancer registry data. BMJ 2011;343:d4692 doi: 10.1136/bmj.d4692. []
  4. Rappelons que l’information loyale est l’un des fondements de la loi Kouchner de mars 2002 dans l’article L.1111-2 du code de santé publique. Sur : http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000020890189&cidTexte=LEGITEXT000006072665 []

Ellaone® en contraception d’urgence: pas mieux que Norlevo®

Résumé :

L’ulipristal acétate est présenté comme une alternative au lévonorgestrel en contraception d’urgence, plus efficace et agissant jusqu’à 120 heures. Cet article analyse, à partir des données officielles et de la littérature, les éléments connus pour se faire une idée sur le produit, son efficacité et les inconnues qui subsistent en Avril  2011.

Le niveau de preuve d’une efficacité de l’ulipristal supérieure dans les 72 heures est sujet à discussions et les preuves d’une efficacité entre 73 et 120 heures de faible niveau : un essai ouvert sans comparateur et très peu de femmes étudiées dans un essai comparatif ( 100 dans une des études d’après le RCP et 203 dans une publication de l’industrie )

Le fait qu ‘il soit uniquement disponible sur prescription et beaucoup plus cher limite totalement son intérêt.

En contraception d’urgence, en attente d’études complémentaires, la référence reste le lévonorgestrel.

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Levonorgestrel 1500μg (Norlevo®), contraception post coïtale, quel intérêt en 2011 ?

Le lévonorgestrel, 10 ans après son introduction en France comme contraception d’urgence efficace dans les 72 h après une absence ou un échec de contraception, est à nouveau une question d’actualité en raison de l’arrivée d’un concurrent, l’ulipristal acétate, commercialisé par la même firme.

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