POINTS DE VUE

Announcement:

La médecine générale ce sont des preuves scientifiques, mais ce sont aussi des expériences, des convictions, des cultures, des choix, des "points de vues".
Il nous semble opportun d'ouvrir la discussion sur un certain nombre de questions qui touchent à la profession mais qui ne font pas forcément consensus pour autant.
C'est de la juxtaposition, voire de la confrontation des avis que chacun sera en mesure de se forger sa propre opinion, son propre "point de vue".
Nous publions ici des écrits, dont nous ne partageons pas obligatoirement tous les aspects, à partir du moment ou ils sont respectueux des autres, qu'ils sont argumentés et qu'ils concernent la médecine générale en tant que métier.
A vos plumes

Vous avez dit campagne organisée de dépistage du cancer du sein par mammographie ?

Le 25 Avril 2014 était publié dans le BMJ un article intitulé  “Breast cancer screening pamphlets mislead women. All women and women’s organisations should tear up the pink ribbons and campaign for honest information” Gerd Gigerenzer (BMJ 2014;348:g2636(Les brochures de dépistage du cancer du sein trompent les femmes . Toutes les femmes et les organisations de femmes doivent arracher les rubans roses et faire campagne pour une information honnête des femmes.) et dont voici le préambule : “Pourquoi devrais-je passer une mammographie ?” Cette question est régulièrement posée dans les brochures pour le dépistage. La réponse est aussi régulièrement trompeuse. On leur dit ce qu’elles doivent faire, mais sans donner les faits nécessaires pour prendre des décisions éclairées. Cette forme de paternalisme a une longue tradition. Dans une campagne d’ affiche dans les années 1980, l’American Cancer Society déclarait : « Si vous n’avez pas eu une mammographie, il est nécessaire que vous ayez plus qu’un examen clinique de vos seins. » À la suite de ce paternalisme et de la culture de ruban rose, presque toutes les femmes ont  une fausse impression du bénéfice de la mammographie de dépistage. Par exemple, 98% des femmes en France, en Allemagne, et aux Pays-Bas surestiment  son avantage par un facteur de 10, 100, ou plus, ou ne savent pas. Plus surprenant, celles qui consultent fréquemment leur médecin ou lisent les brochures de santé étaient légèrement moins bien informées. Les femmes russes ont l’estimation la plus réaliste parmi celles des neuf pays européens de l’étude, non parce qu’elles ont plus d’information à leur disposition, mais parce qu’en Russie il y a moins de brochures trompeuses de type “rubans roses”. La désinformation doit cesser.”… (suite…)

KOLporteur d’élixir

Cette personne pourrait être vous, un proche, moi.

1bis

Nous devrions tous, patients et soignants, nous interroger sur le bienfondé du traitement que l’on prend et que l’on prescrit.

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Il était une fois dans une contrée lointaine, un producteur d’élixir. Cet élixir est présenté aux soignants lors de grands rassemblements que nous nommerons plus communément congrès. Présentent-ils un réel intérêt et transmettent-ils une information de qualité au sujet de l’élixir ? Rien n’est moins sûr1.

 

 

 

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Les présents à l’assemblée reçoivent la bonne parole du grand KOL2.

 

 

 

 

 

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Le grand KOL omet souvent de présenter les dangers de l’élixir.

Parfois, il peut se trouver en situation de conflits d’intérêts3.

 

 

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Sa présentation de l’élixir est souvent influencée par les liens d’intérêts non déclarés qu’il entretient avec le producteur de l’élixir. Cette influence reste trop souvent négligée par le KOL lui-même, mais aussi par ceux qui assistent à sa présentation4. Ces derniers sont pourtant les futurs prescripteurs de l’élixir.

 

 

 

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Il n’est pas aisé de remettre en cause l’avis du grand KOL.

C’est possible et parfois nécessaire afin d’éviter au citoyen patient de prendre un élixir frelaté5.

 

 

 

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Les membres de l’assemblée peuvent rencontrer d’autres influences lors de leur exercice professionnel.

Trop souvent, cette influence est négligée6.

Par exemple, l’influence délétère du paiement à la performance7.

 

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Ce mécanisme d’asservissement sous couvert d’une récompense a fait l’objet de plusieurs analyses critiques8,9,10.

 

 

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Les décisions qui s’appliquent aux agents de terrains sont prises au sommet de la pyramide sociétale. Trop souvent les décisionnaires sont soumis à un lobbying intense de la part du producteur d’élixir11Le gouvernail ne fonctionne plus correctement. La direction qu’il donne sous influences est responsable de dérives12.

 

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Pourquoi n’y a-t-il pas de régulation me direz-vous ?

Vous comprendrez mieux en lisant l’explication du Docteur Dupagne sur le phénomène de la capture des régulateurs13

 

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Pantouflage14 et autres revolving door15 sont également responsables de cette carence de régulation.


 

 

16

 

 

Peut-on se prémunir de toutes ces influences ? Oui, il suffit simplement de le souhaiter.

Il n’y a pas de recette miracle. Certaines décisions peuvent toutefois s’avérer salvatrices16.

 

 

Détrompez-vous, vous n’êtes pas seul(e).

15

N’hésitez pas à les rejoindre!

Fort

Je ne vous raconte pas l’histoire du producteur de denrées alimentaires. Le principe de fonctionnement est superposable à celui du producteur de l’élixir.

Concluons sur une note optimiste pour débuter l’année avec espoir. Prenons le système de santé, ajoutons une pincée de transparence17, un zeste d’indépendance, et nous pourrions imaginer tout le monde travaillant réellement ensemble dans l’intérêt du citoyen !

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Les bras des personnages ne leur permettent pas de se tenir par la main…

« Avant tout, sois loyal envers toi-même; et aussi infailliblement que la nuit suit le jour, tu ne pourras être déloyal envers personne. » William Shakespeare. Hamlet.

Meilleurs voeux pour cette année 2014 !

wanted

Ma DPLI

  1. Wasniewski A. La revalorisation de la médecine générale passe-t-elle par la compromission ? [Internet]. Voix médicales. 2012. Accessible sur : http://www.voixmedicales.fr/2012/10/29/la-revalorisation-de-la-medecine-generale-passe-t-elle-par-la-compromission/ []
  2. Les médecins leaders d’opinion : pantins du commerce pharmaceutique… Le British Medical Journal dénonce [Internet]. Pharmacritique. 2008. Accessible sur : http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2008/06/20/les-medecins-leaders-d-opinion-pantins-du-commerce-pharmaceu.html []
  3. Wasniewski A. Conflits d’intérêts : les mots ont-ils un sens ? [Internet]. Voix médicales. 2012. Accessible sur : http://www.voixmedicales.fr/2012/04/23/conflits-dinterets-les-mots-ont-ils-un-sens/ []
  4. Vega A. Les surprescriptions de médicaments en France  : le vrai méchant loup de l’industrie pharmaceutique [Internet]. Formindep. 2011. Accessible sur : http://www.formindep.org/Les-surprescriptions-de.html []
  5. Harriague J-B. En désaccord avec l’expert sur les statines [Internet]. Voix médicales. 2013. Accessible sur : http://www.voixmedicales.fr/2013/12/03/en-desaccord-avec-lexpert-sur-les-statines/ []
  6. Goel R. Why do doctors still think pharma doesn’t influence them? [Internet]. 2013. Accessible sur : http://healthydebate.ca/opinions/why-do-doctors-still-think-pharma-doesnt-influence-them []
  7. Harriague J-B. Médecin déboussolé dans un système de santé à la dérive. Cherche GPS pour un exercice serein de la médecine générale [Internet]. Voix médicales. 2012. Accessible sur : http://www.voixmedicales.fr/2012/08/24/medecin-deboussole-dans-un-systeme-de-sante-a-la-derive-cherche-gps-pour-un-exercice-serein-de-la-medecine-generale/3/ []
  8. Dupagne D. Pourquoi l’évaluation/rémunération sur indicateurs ne marche pas. De la Critique de Lucas à la loi de Goodhart. Médecine [Internet]. 2013 [cited 2013 Dec 31]  ;9(9):388–91. Accessible sur : http://www.jle.com/fr/revues/medecine/med/e-docs/00/04/8F/0E/telecharger.phtml?code_langue=fr&format=application/pdf&titre=Version%20PDF []
  9. Spence D. Kill the QOF. BMJ : British Medical Journal [Internet]. 2013 Mar 6 [cited 2013 Dec 31] ;346. Accessible sur : http://www.bmj.com/content/346/bmj.f1498.pdf+html []
  10. REVUE PRESCRIRE, vol. 33, n°  359, 2013/09, pages 708-710, FRA. Accessible sur : http://maisonmedicalecadillac.fr/P4Pconflit.pdf []
  11. Lenglet R. 24 heures sous influences. François Bourin Editeur ; 2013 []
  12. Harriague J-B. Le médecin est-il vraiment le seul responsable de la dérive du système de soins ? [Internet]. Voix médicales. 2013. Accessible sur : http://www.voixmedicales.fr/2013/03/06/le-medecin-est-il-vraiment-le-seul-responsable-de-la-derive-du-systeme-de-soins/ []
  13. Dupagne D. La revanche du rameur [Internet]. MICHEL LAFON ; 2012. Accessible sur : http://www.larevanchedurameur.com/extraits/ []
  14. Pantouflage [Internet]. Wikipedia. Accessible sur : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pantouflage []
  15. Porte tambour [Internet]. Wikipedia. Accessible sur : http://fr.wikipedia.org/wiki/Porte_tambour_(politique) []
  16. Harriague J-B. Balise Argos du jeune diplômé pour un exercice lucide et dans un esprit EBM [Internet]. Voix médicales. 2013. Accessible sur : http://www.voixmedicales.fr/2013/05/16/balise-argos-du-jeune-diplome-pour-un-exercice-lucide-et-dans-un-esprit-ebm/ []
  17. 2014 année de la transparence ? [Internet]. Hippocrate et Pindare sont dans un bateau. 2014. Accessible ici : http://hippocrate-et-pindare.fr/2014/01/01/2014-annee-de-la-transparence/ []

Dosages intempestifs de la vitamine D : stop!

Dans les années 2000  apparaissait une nouvelle maladie : la carence en vitamine D.

ampoule1Personnellement je la traitais comme un mirage, avec l’indifférence due à tout « disease mongering ».

Mais peu à peu, devant les demandes des patients, les prescriptions des confrères, le doute s’installait : et si c’était une vraie maladie ? Doute renforcé par des écrits comme ceux ci : « cette étude menée sur un échantillon national et sur l’ensemble de l’année montre que le risque d’insuffisance en vitamine D est fréquent, surtout en fin d’hiver et au début du printemps. Si le risque modéré ne s’accompagne généralement pas de signes cliniques d’ostéomalacie, il pourrait cependant constituer un facteur de risque d’anomalies osseuses, d’ostéoporose et de certaines maladies chroniques comme les cancers, les maladies cardio-vasculaires et dysimmunitaire »,1 « La vitamine D aurait également d’autres effets : prévention dans le développement de certaines maladies infectieuses, de certaines maladies auto-immunes ou à composantes auto-immune (sclérose en plaques, diabète de type 1, polyarthrite rhumatoïde et lupus), syndrome métabolique chez l’enfant et chez l’adulte, diabète de type 2, éventuel rôle dans la différentiation cellulaire en relation avec l’apparition de certains cancers ».2 . (suite…)

  1. BEH 16-17/ 24 avril 2012 []
  2. Bull.Acad.Natl Méd., 2012,196, nos 4-5, 1011-1015, séance du 15 mai 2012 []

NACO la vigilance s’impose

En 2012 le dabigatran etexilate (Pradaxa°), commercialisé par le laboratoire BOEHRINGER INGELHEIM, puis le rivaroxaban (Xarelto°), commercialisé par le laboratoire BAYER, obtiennent l’autorisation de mise sur le marché et le remboursement par la sécurité sociale pour l’indication de la prévention des accidents vasculaires cérébraux et des embolies systémiques chez les patients adultes atteints d’une fibrillation atriale non valvulaire et présentant un ou plusieurs facteurs de risque.

La mise sur le marché du dabigatran etexilate (Pradaxa°) repose sur l’étude RE-LY celle du rivaroxaban (Xarelto°) sur l’étude ROCKET-AF, études analysées ici.

Comme pour toute molécule nouvellement mise sur le marché, les études précédant leur commercialisation n’ayant été conduites que sur un nombre restreint de sujets et dans des conditions privilégiées, la pharmacovigilance est importante et les NACO relèvent d’un plan de gestion des risques.

Le travail marketing de ces deux laboratoires (visiteurs médicaux, leaders d’opinionreposent sur deux messages particulièrement portants : « pas besoin de faire d’analyse biologique de surveillance », « moins d’hémorragies ». Il est très efficace et les prescriptions de ces deux nouveaux anti-coagulant (NACO) décollent (pages 118 à 120).

Des anticoagulants sans surveillance biologique de leur activité, sans antidote en cas d’accident hémorragique et largement prescrits à des personnes âgées et fragiles…

Malheureusement, sont constatés accidents hémorragiques graves, décès .

Face à ces drames, la fille d’une victime a décidé de porter à la connaissance du public des informations souvent cachées a travers un blog et un site scoop .

Voix Médicales s’associe à cette démarche.

Appel à une souscription citoyenne.

Depuis quelques années, l’accumulation des scandales sanitaires a montré le rôle négatif des influences qui s’exercent sur les professionnels de santé :

  • Mediator°, un médicament inutile qui provoque 500 à 2000 morts.
  • Des pilules contraceptives soupçonnées d’être la cause du décès ou de l’invalidité de jeunes femmes.
  • Des statines toujours aussi largement prescrites en prévention primaire, un octobre rose annuel appelant toutes les femmes de plus de 50 ans au dépistage du cancer du sein par mammographie, alors que les doutes sur le rapport bénéfice/risque de ces traitements et dépistages sont de plus en plus flagrants.
  • Des molécules dites innovantes prescrites en remplacement des anciennes alors que la gravité de leurs effets indésirables devient de plus en plus probante (nouveaux anticoagulants oraux, incrétino-mimétiques).

À Voix Médicales, nous tentons d’apporter une expertise en tant qu’aide à la décision par la recherche des données scientifiques factuelles, mais c’est à l’État d’assurer la sécurité sanitaire des citoyens, notamment en s’assurant de l’indépendance des experts des organismes sanitaires, en veillant à la transparence des avantages accordés par les entreprises des produits de santé aux professionnels de santé et à celle des influences exercées par les lobbies mandatés par ces entreprises auprès des décideurs politiques.

Le 29 décembre 2011 une loi relative au renforcement de la sécurité sanitaire du médicament et des produits de santé était votée et en mai 2013 deux décrets d’applications sont parus, l’un portant approbation de la charte de l’expertise sanitaire et l’autre relatif à la transparence des avantages accordés par les entreprises produisant ou commercialisant des produits à finalité sanitaire et cosmétique destinés à l’homme.

Mais ces deux décrets au lieu d’accroître l’efficacité de la loi en terme d’indépendance des experts et de transparence des avantages accordés par les firmes en limitent la portée.

Devant les risques sanitaires que ces décrets font courir à la population, le Formindep a déposé auprès du Conseil d’Etat, le 22 juillet 2013, une requête en annulation de ces deux décrets.

Cette action citoyenne, qui nous concernent tous, a un coût financier important.

Voix Médicales s’associe pleinement à cette démarche et encourage chacun à participer à la souscription lancée par le Formindep.

Fibrillation atriale, comment choisir l’anticoagulant ?

Mr L. 75 ans a dans ses ATCD un épisode de fibrillation atriale. Je suis son médecin traitant depuis peu et je me pose la question d’un éventuel traitement par anti-coagulant. Il est très inquiet pour sa santé, pas toujours facile à « gérer ». Je n’ai pas réellement envie de me lancer dans le suivi de son TP-INR mais la rédaction du SCRIPT1 que son cas a induit me montre qu’un traitement anti-coagulant doit être envisagé dans le cadre de la prévention d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Après échange de courriers avec le cardiologue, ce traitement par anti-vitamine K (AVK) est mis en route. Le cardiologue aurait préféré un nouvel anti-coagulant oral, mais aucun n’avait, à cette date, d’autorisation de mise sur le marché pour cette indication.

Finalement mes craintes d’un suivi difficile de l’anti-coagulation étaient infondées. Je fixe un objectif d’INR entre 2 et 2,52 , le patient se déplace au cabinet afin de montrer ses résultats et d’ajuster le traitement quand nécessaire. À distance de la mise en route de ce traitement anti-coagulant le suivi est simple, les modifications posologiques ne sont nécessaires qu’en cas de changement de la thérapeutique associée ou des habitudes alimentaires du patient. (suite…)

  1. En cas de fibrillation auriculaire chez un patient âgé de 75 ans ou plus, l’indication d’une anticoagulation orale doit être posée []
  2. National Collaborating Centre for Chronic Conditions. Atrial fibrillation: national clinical guideline for management in primary and secondary care. London: Royal College of Physicians, 2006 []

Balise Argos du jeune diplômé pour un exercice lucide et dans un esprit EBM

Enfin thésé, je peux voler de mes propres ailes.

En suis-je capable?

  (suite…)

Le médecin est-il vraiment le seul responsable de la dérive du système de soins?

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On lui reproche, entre autres:

– Les scandales sanitaires à répétition (Mediator°, Vioxx°…)

– Les prescriptions de pilules de 3e et 4e génération, de statines…

– Le creusement du trou de la sécurité sociale par surprescription

– Les déserts médicaux par mauvaise répartition sur le territoire

– Le dysfonctionnement du système de soins

– … (suite…)

A propos des nouveaux anti-coagulants oraux

Je suis médecin généraliste intervenant en détention. A ce titre, j’exerce en milieu carcéral mais dépend du CHU. En corollaire, je dépends des molécules disponibles au livret hospitalier de l’hôpital qui m’emploie.

J’ai été récemment interpelée dans ma pratique par l’arrivée au livret hospitalier de deux molécules, toutes deux faisant partie des « nouveaux anti-coagulants oraux » ou « anti-coagulants directs » :

(suite…)

Première journée internationale de l’indépendance médicale

J’ai participé le samedi premier décembre à cette journée pertinente organisée par le Dr Philippe De Chazournes, médecin généraliste à la Réunion.

Son projet était ambitieux, le pari réussi. Vous pouvez voir le programme de la journée ici. (suite…)

La confraternité est-elle soluble dans l’EBM ?

Voix Médicales met à la disposition de tous, une rubrique nommée « Les généralistes écrivent ».

Rédaction de certificats, courriers en tous genres (administratifs, correspondants), nous sommes confrontés à cette activité d’écriture fréquente et répétitive.
Chacun de nous a pu développer des courriers type pouvant être utilisés par d’autres.
D’où l’idée d’un partage de ces documents.

Les choses se compliquent quand il s’agit d’écrire à un confrère, à propos d’un patient.

(suite…)

La revalorisation de la médecine générale passe-t-elle par la compromission ?

Il était une fois la médecine générale.

Médecine générale !
Médecine générale outragée !
Médecine générale brisée !
Médecine générale martyrisée !
Mais médecine générale libérée !
Libérée par elle-même…

 

Libérée ? C’est vite dit.

(suite…)

De l’informatique subie à l’informatique choisie.

Peu de temps après la création avec mon associée de notre cabinet médical, nous nous sommes informatisées afin de travailler en réseau. Peu au fait de ce qui existait, nous avons choisi notre programme informatique plutôt par défaut que par choix éclairé. Je travaille sur MédicaWin32, initialement commercialisé par CRIP, racheté il y a quelques années par Sephira. C’est un programme sans publicité, que je trouve de bon fonctionnement dans ma pratique quotidienne et que je peux à présent utilisé quasiment les « yeux fermés ». Hélas la société informatique assurant la maintenance a décidé sa migration vers une version tout à fait nouvelle, version en pleine évolution du fait de la nouvelle convention, et peu sûre jusqu’à présent dans la récupération des données. J’ai donc décidé d’attendre des jours meilleurs avec une grande incertitude sur ce que serait ce futur informatique.
À la lecture de l’article de Jean Baptiste Harriague et notamment de ses propositions concrètes, je me suis dit qu’il était temps de ne plus avoir un logiciel métier subi mais un logiciel métier choisi. Oui mais choisi…sur quoi ? Pourquoi ? Lequel ?

Si pour vous aussi il est important de reprendre la main sur le choix de votre logiciel, compagnon de tous les jours de notre pratique médicale, rendez-vous ici pour discuter :

  • des critères de choix .
  • des logiciels existants pouvant correspondre à nos besoins.

Des intervenants mal venus au congrès de la médecine générale Nice 2012

Le congrès de la médecine générale, s’est déroulé à Nice du 21 au 23 juin 2012.

Il a été perturbé par l’irruption d’un groupe de dangereux individus, osant remettre en cause les partenariats de cette manifestation.
Nous avons demandé quelques explications à ces malotrus.
(suite…)

Médecin déboussolé dans un système de santé à la dérive. Cherche GPS pour un exercice serein de la médecine générale

Je suis médecin généraliste, installé depuis deux ans maintenant dans un cabinet de quatre médecins généralistes. J’ai eu l’opportunité de prendre la succession d’un médecin « retraitant » qui cédait sa place dans un cabinet que je qualifie de « magnétique ». L’exercice de ma profession sur le terrain est passionnant de par la diversité des motifs de consultation, la mixité sociale des patients rencontrés au quotidien. Chaque journée passée auprès des patients et de mes associés (confrères, secrétaires) permet un enrichissement à la fois personnel et professionnel. Martin Winckler raconte très bien dans son dernier livre ce bien-être procuré par l’exercice de la médecine de famille. Mais ce métier n’en demeure par moins difficile.

Il y a quelques mois, j’ai lu la revanche du rameur, livre pertinent écrit par le Docteur Dominique Dupagne. J’ai transposé son analyse de la société actuelle à mon exercice professionnel ce qui m’a permis de m’auto diagnostiquer aliéné social ou rameur.

Plusieurs freins vont à l’encontre de mon épanouissement professionnel, limitant ainsi mon engagement dans ce métier que je souhaitais exercer depuis mon plus jeune âge. L’éclairage apporté par la revanche du rameur m’a incité à les analyser.

Introduction
Des freins à un exercice au service de la santé

Valeurs essentielles au bon fonctionnement du système de soins
Quelques propositions concrètes
Conclusion

Parano satirique, entre onirisme et prophétie

Extinction silencieuse des médecins généralistes libéraux

Interview où le politiquement incorrect n’est pas censuré.

Pourquoi les politiques ne veulent pas revaloriser le statut du médecin généraliste et ainsi le rendre plus attractif ?

Tout simplement parce qu’ils ne veulent pas qu’ils soient suffisamment nombreux et bénéficient de temps suffisant pour travailler de manière efficiente.

Pourquoi les politiques ne veulent pas que les généralistes soient en nombre suffisant pour prendre en charge de manière efficiente la population ?

Parce que si les médecins généralistes étaient honorés et suffisamment nombreux pour travailler convenablement, ils pourraient atteindre leur principal objectif qui est d’améliorer la morbi-mortalité de la population au meilleur coût pour la société.

Les politiques ne veulent pas améliorer la santé de la population ?

Je me pose la question. Si les pouvoirs publics investissent sur le médecin généraliste, cela leur coûte un peu d’argent sur la mise initiale, mais très peu par rapport à ce que cela rapporterait aux finances de la France. (suite…)

Ouvrons les yeux!

De retour d’un délicieux colloque indépendant de l’industrie, «Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements», j’ai rédigé en toute simplicité ces quelques lignes:

Osons remettre en question: 

  • Les consultations médicales aboutissant trop souvent sur une prescription médicamenteuse
  • L’insuffisance d’information du patient notamment par manque de temps du médecin
  • Le gaspillage financier qui se fait au détriment de ce qui est réellement utile
  • L’hyperspécialisation de la médecine responsable de l’inflation des dépenses de santé
  • La détection précoce de certaines maladies ou médecine anticipative sans incidence sur la morbi mortalité
  • Le rôle d’éponge des dérives sociétales désormais dévolu au médecin
  • Le façonnage de certaines maladies et la médicalisation de la vie 
  • La peur induite par une médiatisation sélective de la maladie
  • Le lobbying de l’industrie, le pouvoir de l’argent et du monde financier en général et ce qu’ils nous dissimulent
  • Ce que les payeurs peuvent et doivent refuser de payer en particulier les examens, les tests et les traitements inappropriés

Osons simplement:

  • L’indépendance vis à vis des structures de pouvoir influentes
  • Avoir un esprit plus critique
  • Prendre le temps avec nos patients et les écouter
  • Ne pas nier, mesurer et réduire la médecine de gaspillage (iatrogénie, examens et traitements non pertinents destruction de médicaments non utilisés…)
  • Démédicaliser l’existence et retrouver les plaisirs simples de la vie au risque de perdre notre âme.
  • Ne pas considérer notre patient comme un ennemi procédurier
  • Faire preuve d’humilité
  • Ne pas nuire

Des courants sains d’introspections du corps médical existent. 

Puissent-ils redonner au système de santé un peu d’intégrité et d’humanisme.

Conflits d’intérêts : les mots ont-ils un sens ?

Bien souvent, nous voyons des professionnels de santé déclarer ne pas avoir de conflits d’intérêts.

Prescrire donne l’exemple en signant certains de ses articles par un :
« Synthèse élaborée collectivement par la Rédaction sans aucun conflit d’intérêt ».

Est-ce possible une absence de conflit d’intérêt ?

Mais, qu’est-ce qu’un conflit d’intérêt ? (suite…)

A propos du congrès de Nice et de ses « partenaires »

Le 6ème congrès de la médecine générale aura lieu à Nice du 21 au 23 juin prochains. Il sera l’occasion de rencontres, d’échanges et de formations… mais il sera aussi l’occasion, pour les laboratoires pharmaceutiques et pour quelques autres entreprises « philanthropiques » (Mac Do, Coca Cola…) de tisser leur toile. (suite…)

Rémunération sur objectifs de santé publique en France. Sur quelles bases scientifiques?

Le 25 septembre 2011 une nouvelle convention médicale était publiée au journal officiel, marquant ainsi son entrée en application. Cette nouvelle convention introduit la rémunération des médecins libéraux sur objectifs de santé publique. Courant décembre je recevais la «lettre d’information aux médecins libéraux», éditée par l’Assurance Maladie, lettre ayant vocation à «faire partager les orientations de l’Assurance Maladie pour mieux travailler ensemble», l’éditorial étant signé du directeur général de l’Union nationale des caisses d’assurance maladie.

La nouvelle convention y est présentée dans ces termes:

«Faire encore progresser la santé publique dans notre pays. Voilà l’enjeu principal de la nouvelle convention médicale», «Rémunération sur objectifs de santé publique. Pour cela, la convention engage une diversification de vos modes de rémunération, en fonction de l’atteinte d’objectifs de santé publique», «Faire progresser la qualité des soins».

Un tel engagement doit reposer sur des preuves scientifiques solides. (suite…)

Matinale pharmacologie : une initiative CPAM de l’Aude

Le 26 novembre dernier, la CPAM de l’Aude a réuni certains médecins généralistes pour une série d’interventions menées par le Pr Jean Louis Montastruc (bien connu des lecteurs de la revue Prescrire) et le Dr Dominique Hilaire-Buys, tous deux chef de service de pharmacologie.

Cette matinale de pharmacologie a permis aux participants de faire le point sur les questions qu’ils pouvaient se poser en tant que prescripteurs : Influences subies ? Difficulté à «dé- prescrire» («nettoyer» les ordonnances) ? (suite…)

Gilles, reviens, Prescrire© est devenu fou

Après avoir créé Voix Médicales, il nous a semblé judicieux d’inviter à nous rejoindre toutes celles et tous ceux se sentant concernés par cette démarche.
A notre connaissance, le projet de  développer une expertise collective et indépendante en médecine générale n’est pas d’une totale banalité, en particulier sur l’Internet.

Pensant que cette démarche était complémentaire de celles existant déjà, nous avons donc « naturellement » proposé une courte présentation au forum/courrier des lecteurs de Prescrire.

Ne voyant ni publication, ni réponse à notre demande, nous avons renouvelé notre demande quelques mois plus tard.
Il nous a été confirmé que notre premier message s’était perdu, et que la personne chargée de cette rubrique  » prendra le temps d’examiner votre demande et reviendra vers vous d’ici quelques semaines. »

Après « examen » (probablement synthèse de l’évaluation disponible selon la méthode habituelle de la revue Prescrire ), voilà donc la réponse finalement reçue : (suite…)