endocrino

Déprescription de lévothyroxine (Lévothyrox°)

Mme L.E. âgée de 62 ans présente une hypertension artérielle, un diabète de type 2 et une hépatite C chronique. En 2012 des nodules thyroïdiens ont été diagnostiqués, biopsiés et un traitement freinateur par lévothyroxine (Lévothyrox°) a été débuté.

Mme G.C. âgée de 50 ans présente une hypertension artérielle. En 2010 des nodules thyroïdiens ont été diagnostiqués, biopsiés et un traitement freinateur par lévothyroxine (Lévothyrox°) a été débuté.

Or les recommandations que j’ai été amenée à lire pour l’écriture de l’arbre décisionnel « outil de prise en charge des pathologies thyroïdiennes » disent :

« Une hormonothérapie par lévothyroxine diminuant la concentration en TSH dans le but de freiner la croissance des nodules existants et de prévenir l’apparition de nouveaux nodules est parfois proposée. Or les traitements frénateurs prolongés, abaissant la TSH en dessous des valeurs usuelles, entraînent une thyrotoxicose infraclinique, un risque de complications cardiaques (fibrillation auriculaire, augmentation de la morbidité et mortalité cardio-vasculaires) et osseuses (déminéralisation, ostéoporose) en particulier chez les femmes ménopausées.

Une hormonothérapie par la lévothyroxine est :

  • contre indiquée chez les patients ayant :
    • une TSH< 0,5 mU/l ;
    • un goitre multinodulaire constitué ;
    • une ostéoporose ;
    • une pathologie cardiaque ;
    • une affection chronique intercurrente.
  • n’est pas justifié chez la majorité des patients et en particulier chez les femmes post-ménopausiques »

J’ai donc arrêté chez ces patientes le traitement par lévothyroxine (Lévothyrox°).

Et vous qu’auriez vous fait? Avez vous des exemples similaires? On en discute ici.

Pathologies thyroïdiennes

Lors de notre exercice professionnel se pose régulièrement les questions suivantes :


Face à un nodule thyroïdien de découverte clinique ou fortuite quel bilan proposer ?
Toutes les hypothyroïdies sont-elles à traiter par lévothyroxine (Lévothyrox°) ?
Devant une TSH basse quel diagnostic évoquer ?

L’arbre décisionnel « Outil de prise en charge des pathologies thyroïdiennes » se propose de nous accompagner dans notre démarche clinique.

Outil de prise en charge des pathologies thyroïdiennes

…un confrère cardiologue à propos d’une prescription de statine : soigner un patient ou des objectifs?

Prescrire et dé-prescrire une statine chez un diabétique : Réflexions à partir d’un échange de courrier.

Depuis plus de 18 ans, je suis le médecin traitant d’un homme de 69 ans.
Diabétique sous insuline depuis 35 ans, il a présenté voici 12 ans, quasiment toutes les complications de la maladie.
Voici un an, j’ai arrêté sa statine, du fait d’effets secondaires musculaires importants.
Au décours de sa visite annuelle, il y a quelques jours, le nouveau cardiologue qu’il consulte, écrit notamment :

  • qu’il est étonné de ne pas voir de statine dans le traitement alors que le patient prenait de l’atorvastatine jusqu’à la dernière consultation, l’année dernière, avec certes quelques crampes.
  • que pour lui, l’extrait de riz rouge ne peut être donné que de manière complémentaire aux statines si les objectifs ne sont pas atteints, mais le seul traitement pouvant avoir un intérêt pronostic chez ce patient, est la reprise des statines.
  • que le traitement par statine ayant été arrêté par le néphrologue il préfère donc ne pas le reprendre lui-même, mais il envoie le double de ce courrier au néphrologue, pour envisager éventuellement une reprise de statine de nouvelle génération à faibles doses, de type rosuvastatine 5 mg/Jour.
  • que pour lui, l’ objectif pour ce patient reste un LDLC aux alentours de 0,7 g/l.

Cette lettre pose plusieurs questions auxquelles j’ai pensé nécessaire de répondre : (suite…)

La stimulation des médiateurs de l’appétit persiste longtemps après l’arrêt d’un régime.


En 2011 une équipe australienne publie une étude mettant en évidence les modifications des taux circulants de certains médiateurs chimiques de l’appétit induites par un régime basses calories de 10 semaines, chez des patients en surpoids ou obèses, non diabétiques. Un an après des modifications significatives de ces médiateurs persistent. Celles-ci pourrait permettre de mieux comprendre, sur un plan chimique, le taux élevé de reprise de poids, sans préjuger du rôle des autres déterminants (hérédité, habitudes formatées depuis l’enfance, etc) (suite…)

intérêt primordial de la Metformine (glucophage°) pour traiter le diabète de type 2.

« Cette synthèse méthodique de comparaisons directes entre ADO pour traiter le diabète de type 2 confirme l’intérêt primordial de la metformine en monothérapie ou en association, au point de vue rapport efficacité/sécurité versus autres ADO »

(Minerva Online 2011-09-28. Efficacité et sécurité des antidiabètiques oraux pour le diabète de type 2: mise à jour). Résumé.

Les Recommandations pour la Pratique Clinique élaborées par les autorités sanitaires françaises sont-elles sous influence industrielle ? A propos de trois classes thérapeutiques. (thèse L.A. DELARUE, juillet 2011)

Accéder au texte intégral de la thèse

Accéder au Document de travail

 

Voilà une thèse dont on parle et dont on n’a pas fini de parler :
Question somme toute assez simple :
Les recommandations censées guider la pratique des médecins sont-elles rédigées en toute indépendance et pour le seul plus grand bien des patients ? (suite…)

Chez le diabétique mal équilibré par monothérapie : discuter l’insuline.

Dans le diabète de type II, quand  l’HbA1C dépasse durablement les 7,5% malgré un traitement à dose maximale de Metformine, la revue de la littérature à ce jour ne trouve  pas d’étude probante sur les effets à long terme, tant sur les complications que sur la mortalité, des différentes associations (bithérapie per os ou adjonction d’insuline)

1) situation :

« Mme B. 56 ans, diabétique de type 2 depuis 20 ans, traitée par Metformine 850, 3 comprimés par jour et Daonil 1,25, 3 comprimés par jour. Son HbA 1 C était à 7,7% il y a 3 mois et 7,9 % à cette consultation. Elle est très consciente de l’importance du régime alimentaire ainsi que de l’activité physique, deux éléments qu’elle gère au maximum de ses possibilités. La majoration du traitement Daonil provoque hypoglycémies, fringales et prise de poids.Depuis plusieurs consultations je lui parle  du remplacement du Daonil par l’insuline Levemir. A cette consultation elle n’y est pas opposée. »

2) question :

Chez une diabétique de type 2 dont l’HbA1C dépasse durablement les 7,5% malgré un traitement à dose maximale de Metformine, une bithérapie Metformine/Insuline est-elle une meilleur alternative pour l’équilibre de l’HbA1C qu’une bithérapie per os ? (suite…)

… un endocrinologue qui veut arrêter la metformine à cause d’une insuffisance cardiaque

Mme C., âgée de 55 ans est diabétique et hypertendue depuis 15 ans. La vie ne l’a pas ménagé et elle est très angoissée par son état de santé.
Je suis son médecin traitant depuis une dizaine d’année … (suite…)

La généraliste, le protocole et le médecin conseil

Si vous avez l’âme sensible, passez votre chemin, mais si vous voulez connaître les aventures formidables de Nathalie pourchassant les dragons de l’administration, continuez votre lecture.

Il était une fois….. (suite…)

Et pourtant!

En Ile-de-France est en cours d’expérimentation une procédure dite dématérialisée des protocoles de soins: le protocole fait l’objet d’un cachet apposé par un technicien, sans intervention d’un médecin conseil: cf photo en infra.

Mais la qualité et la coordination des soins dont relève ce protocole est régit par l’article L.324-1 du code de la sécurité sociale. (suite…)

La réactualisation du guide médecin ALD de la HAS retient notre attention

La liste des actes et prestations contenus dans le guide médecin concernant l’affection longue durée qu’est le diabète de type 2 vient d’être actualisée.

Cette réactualisation est analysée par Philippe Nicot ici

Cette analyse renforce notre conviction que l’établissement de ce protocole de soin n’est pas à simplifier.


… un endocrino hospitalier qui veut faire mieux que bien

le 22/12/10

Chère confrère,

Bien reçu le CR d’hospitalisation de Mme R. …

… Mais surpris de lire dans les objectifs que vous préconnisez : HBA1c < 6.5% … (suite…)

pas de simplification administrative

Le diabète de type 2 est une Affection de Longue Durée prise en charge à 100 %, c’est-à-dire: “une maladie qui nécessite des soins prolongés (plus de six mois) et dont les traitements sont coûteux.”

C’est pourquoi, l’Assurance Maladie rembourse à 100 % les dépenses liées à ces soins et traitements.

Pour cela il est nécessaire que le médecin traitant remplisse un protocole de soins : “un formulaire de prise en charge qui ouvre les droits au 100% et qui indique les soins et les traitements nécessaires à la prise en charge de la maladie du patient: ceux qui sont pris en charge à 100 %, ceux qui sont remboursés aux taux habituels de la sécurité sociale et ceux qui ne sont pas du tout pris en charge” (suite…)

Recommandations HAS et statines.

En prévention primaire des facteurs de risque cardio-vasculaires la HAS recommande une large prescription d’une statine chez le diabètique de type 2:

• »Les données sur la prévention cardiovasculaire primaire lors du diabète montrent une réduction de la morbimortalité chez 3985 diabétiques (principalement de type 2) lors de l’étude HPS. »1 (suite…)

  1. page 107 []

Recommandations HAS et aspirine.

La recommandation HAS fait une large place à l’aspirine faible dose en prévention primaire:

•Traitement médicamenteux des facteurs de risques vasculaires associés: l’hypertension artérielle: “recommandations: L’administration de faibles doses d’aspirine (75 mgj) est recommandée chez le diabétique de type 2 hypertendu en prévention cardiovasculaire primaire. (Recommandation de grade C).”1 (suite…)

  1. page 104 []

Recommandations HAS et normalisation glycémique.

Recommandations HAS: stratégie thérapeutique pour obtenir la normalisation glycémique:

•”Le groupe de travail, considérant que l’absence de seuil glycémique pour la survenue de complications, et la dégradation progressive de l’équilibre glycémique dès les premières années de suivi ont été démontrés par l’analyse épidémiologique de l’UKPDS (1), recommande de rechercher la quasi normalisation glycémique en retenant un objectif d’hémoglobine glyquée < 6,5%, (recommandation de grade C).”1 (suite…)

  1. page 85 []

Les recommandations HAS sont-elles recommandables?

Recommandation pour la pratique clinique, 15/11/2006

En 2006 l’Afssaps et l’HAS1 en collaboration et à la demande de la Direction Générale de la Santé ont validé une actualisation des références et recommandations de bonne pratique du « Traitement médicamenteux du diabète de type 2 » initialement rendues publiques en 1999. (suite…)

  1. http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_459270/traitement-medicamenteux-du-diabete-de-type-2 []

CAPI, diabète et statines.

Analysons: le Champ: suivi des maladies chroniques ,le Thème:diabète et l’Indicateurs et niveaux cibles à 3 ansNombre de patients diabètiques (hommes 50 ans, femmes 60 ans) traités par antihypertenseurs et statines/ nombre de patients diabètiques MT (hommes 50 ans, femmes 60 ans ) traités par antihypertenseurs: objectif intermédiaire:65%,objectif cible:75%.

D’où vient cet indicateur?

Du référentiel HAS/AFSSAPS:1

Confrontons à présent cet indicateurs du CAPI au référentiel HAS de novembre 2006 et aux données de la science à ce jour. (suite…)

  1. http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_459270/traitement-medicamenteux-du-diabete-de-type-2 []

CAPI, diabète et aspirine

Dans le CAPI il y a donc une contre-partie financière au respect des objectifs des niveaux cibles des indicateurs:

“4.2. Contrepartie financièreL’assurance maladie verse au médecin une contrepartie financière, tenant compte de la progression et del’atteinte des objectifs du contrat, dont le montant est défini comme suit :4.2.1. Pour chaque indicateur et pour la durée du contrat sont définis un niveau initial, un objectifintermédiaire et un objectif cible. Ces éléments figurent en annexe 1 au présent contrat.”

Analysons: le Champ: suivi des maladies chroniques, le Thème:diabète et l’ Indicateurs et niveaux cibles à 3 ans:Nombre de patients diabétiques(âge supérieur à 50 ans pour les hommes et 60 ans pour les femmes) traités par anti-hypertenseurs,statines et  aspirine faibles dose/total diabétiques (âge supérieur à 50 ans pour les hommes et 60 ans pour les femmes) de la patientèle traités par anti-hypertenseurs et statine: objectif intermédiaire 55%, objectif cible:65%. (suite…)

Statine en prévention primaire chez le diabétique

Faut-il prescrire une statine en prévention primaire des risques cardiovasculaires à tous les diabétiques?


-Quatre grands essais randomisés de prévention primaire apportent des données sur ce point:

ALLHAT-LLT:réponse négative,pas de différence significative de 
morbi mortalité entre les deux groupes au bout de 5 ans de traitement 
par PRAVASTATINE 40.(bras de l’essai)(hypertendus et au moins un autre 
facteur de risque cardio vasculaire)

ASCOTT-LLA:réponse non significative(sous groupe diabétique,3 facteurs de risque cardio vasculaire)sous ATORVASTATINE 10 mg.

HPS:réponse positive,baisse significative de la morbi mortalité 
chez tous les patients y compris les diabétiques sans antécédent cardio 
vasculaire à l’inclusion ,sous SIMVASTATINE 40 mais non comparée à un placebo.

CARDS:réponse positive,baisse significative de la morbidité,mais 
pas de la mortalité,sous ATORVASTATINE 10 ,c’est la seule étude ne 
comportant que des diabétiques. (suite…)

HbA1c : Quels objectifs viser ?

Le  mieux est  l’ennemi du bien :

Les principales études qui ont comparé la mortalité lors des traitements intensif avec objectifs bas de HBA1c (<7%) et lors  des traitements visant des taux de HbA1c entre 7 et 7,5% montrent que le mieux est l’ennemi du bien et qu’il vaut mieux se fixer des objectifs mesurés au risque d’augmenter la mortalité de nos diabétiques.

(Synthèse Pierre Gayraud; mise à jour le 01.11.10; niveau de preuve 4/5)

*   *   *

L’étude ACCORD : (Action to Control Cardiovascular Risk in Diabetes) a regroupé 10251 patients diabétiques à haut risque cardio-vasculaire présentant une HbG moyenne à 8,1%, âge moyen : 62 ans, durée moyenne de leur diabète était de10 ans, ils ont été suivi en moyenne pendant 3,5 ans (au lieu des 5 initialement prévus. La comparaison du groupe soumis  un traitement intensif (objectif HbA1c : 6,4%) vs groupe normal (objectif : 7,3%) n’a pas montré de diminution du risque de complication cardiovasculaire, au contraire : l’essai a été arrêté avant son terme en raison d’un excès de mortalité dans le groupe intensif.1 (suite…)

  1. « Action to Control Cardiovascular Risk in Diabetes Group. Effects of intensive glucose lowering in type 2 diabetes ». NEJM 2008;358:2545-59 []

Aspirine en prévention primaire chez le diabétique

•Qu’en est-il en 2010 de l’aspirine en prévention primaire des événements cardiovasculaires chez le  patient diabétique?

Les patients diabétiques ont un risque accru d’événements cadiovasculaires. La plupart des recommandations préconisent la prescription d’aspirine en prévention primaire des événements cardiovasculaires chez le diabétique. La revue de la littérature à ce jour montre que ces recommandations sont à présent remises en cause.

“Un nombre croissant de données suggèrent que l’aspirine en prévention primaire a une efficacité inférieure chez les patients diabétiques que non diabétiques. Les diabétiques bénéficiaires de l’aspirine  doivent avoir une atteinte artérielle périphérique symptomatique, le seul IPS (index de pression systolique  cheville/bras) inférieur à 0,90, critère très intermédiaire d’une athérosclérose des membres inférieurs, ne suffisant pas à définir la probabilité de ce bénéfice” Bibliomed:4 juin 2009, n°548, mots clés: aspirine, diabéte, prévention, risque cardiovasculaire: Aspirine et prévention primaire chez le diabétique de type 2. (suite…)