incrétino-mimétiques

Une tri-thérapie non validée et non remboursable.

Cher Confrère,

Vous voyez ce jour  Mme D. Z. néé le 01/01/1940 pour laquelle vous aviez prescrit Victoza°(liraglutide), analogue du GLP-1, Stagid (metformine) en ajout de l’Humalog (insuline).

Cette tri-thérapie est pour le moins surprenante, non validée par les recommandations HAS et non remboursable par l’assurance maladie1 .

J’ai revu le 20.03.2015 la patiente qui était très mal. J’ai failli l’hospitaliser, heureusement son mari2 , avait eu le bon sens d’arrêter le Victoza° (liraglutide) trois jours auparavant.

Son état de santé s’est rapidement amélioré à l’arrêt du Victoza° (liraglutide) que je n’ai bien sûr pas renouvelé.

Elle est actuellement bien avec son traitement, c’est-à-dire Humalog Mix 50°, qu’il est bien sûr hautement conseillé de ne pas modifier.

Bien confraternellement.

  1. “l’association insuline +analogue du GLP-1 relève d’un avis spécialisé. Lors de la rédaction de la recommandation, seul l’exénatide est autorisé en association avec l’insuline, et n’est pas remboursable par l’assurance maladie dans cette indication.” Stratégie médicamenteuse du contrôle glycémique du diabète de type 2. HAS,ansm. Argumentaire. Janvier 2013. []
  2. voyant sa femme très fatiguée, avec des maux de tête et des douleurs abdominales intenses []

Traitement du diabète de type 2 : des propositions alternatives

I-Tranches de vie :

•Mr B. est âgé de 60 ans, diabétique de type 2 et hypertendu depuis 20 ans. Il était réparateur d’appareils ménagers, métier qu’il aimait beaucoup. Du fait des changements d’habitudes de vie, on ne répare plus on change, à 50 ans il s’est retrouvé sans emploi ce qui l’a beaucoup affecté.
Quand il m’a choisi comme médecin traitant il prenait de façon très irrégulière son traitement et son HbA1c dépassait les 10% sous metformine et sulfamide. J’initialisais alors une “insulinothérapie simplifiée”. L’HbA1c s’améliorait mais Mr B. était toujours aussi irrégulier dans sa prise de traitement. En septembre 2012, alertée par le Dr Philippe Nicot sur le risque diabètogène des statines, je décidais alors d’arrêter la pravastatine faisant partie de son lourd traitement. Mr B. était alors transformé : amélioration de l’état dépressif, adhésion totale au traitement du fait de la disparition des effets indésirables notamment l’asthénie et les myalgies.
Depuis il va bien, son HbA1c s’est stabilisée autour de 8 % avec diminution des doses d’insuline.
(suite…)

Une insulinothérapie simplifiée.

Mme R., née en 1951, est hypertendue et diagnostiquée diabétique depuis 1999. Avec un traitement par glibenclamide (Daonil°) à dose maximale elle présente une HbA1c à 8 %. Les glycémies élevées associées à cette HbA1c sont mal tolérées par la patiente : malaises, polyalgies. Le diabétologue instaure un traitement par metformine embonate (Stagid°), la metformine (Glucophage°) prescrite quelques années auparavant ayant provoqué douleurs abdominales et diarrhées. Avec cette association thérapeutique l’HbA1c est à 7,20 %, mais au prix d’épisodes d’hypoglycémie, fringale et de prise de poids. J’arrête alors le sulfamide glibenclamide et initie un traitement par une insuline lente à dose fixe, d’abord 10 unités le soir, augmentant l’insulinothérapie en fonction des glycémies capillaires pour arriver à la dose fixe de 20 unités matin et soir, sans adaptation de dose en fonction des glycémies capillaires et sans modification d’une alimentation déjà adaptée au mieux par la patiente. Celle-ci par ailleurs arrête de pratiquer des glycémies capillaires pluri journalières contraignantes et stressantes. Depuis l’initiation de ce traitement, l’HbA1c se situe entre 7 % et 8 %, la patiente ne présente que de très exceptionnelles hypoglycémies, n’a pas pris de poids et vit bien ce traitement.

Ce schéma thérapeutique m’a semblé être, pour cette patiente, une alternative à l’utilisation d’un analoguedu GLP-1 exénatide (Byetta°)ou liraglutide (Victoza°) dont la balance bénéfice/risque n’est à ce jour pas en faveur de leur utilisation, et plus facile à mettre en œuvre que celui proposé par la HAS en cas de mise en place d’une insulinothérapie.

Qu’en pensez-vous ? Que faites-vous pour des cas similaires ? On en discute ici.

 

Quelle place pour les incrétino-mimétiques liraglutide (Victoza°) et sitagliptine (Januvia°) dans le traitement du diabète de type 2 ?

 

A ce jour les recommandations concernant la prise en charge médicamenteuse du diabète de type 2 reposent sur l’HbA1c, critère intermédiaire dont la corrélation avec la morbi-mortalité se fonde sur de faibles niveaux de preuve. L’ association metformine-sitaglitpine (Januvia°, Xelevia°, Janumet°, Velmetia°) n’a montré qu’une non infériorité sur l’HbA1c versus l’association metformine-sulfamide et l’association metformine-liraglutide (Victoza°) n’a montré une efficacité supérieure à l’association metformine-sulfamide qu’en terme de prise de poids. Par contre ces incrétino-mimétiques ont des effets indésirables : psychiatriques, infectieux, allergiques à type de choc anaphylactique, thyroïdiens (dont cancer), pancréatiques (cancer, pancréatite aiguë potentiellement mortelle) de plus en plus manifestes depuis leur mise sur leur marché. Leur balance bénéfice/risque n’est, à ce jour, pas en faveur de leur utilisation.

1) Situation clinique :

Madame F.K., née en 1968, dont le diabète a été diagnostiqué il y a 7 ans et ne présentant pas de complication cardio-vasculaire, vient me voir à ma consultation d’urgence, son médecin traitant étant en vacances. Elle est traitée depuis peu par liraglutide (Victoza°) à la dose de 0,6 mg par jour, traitement décidé par la diabétologue qui la suit, son hémoglobine glycosylée étant à 7,2% sous traitement par sitagliptine (Januvia°) en association à la metformine, les deux à dose maximale. 
Elle se plaint  d’étourdissements, de nausées et de douleurs abdominales de plus en plus violentes, la diabétologue n’est pas joignable. Craignant une pancréatite aiguë j’arrête le traitement et lui prescris en urgence une lipasémie qui se révélera au dessus de la norme donnée par le laboratoire (74 U/L pour une normale à 67 U/L) et se normalisera à l’arrêt du traitement.

2) Question :

Quel est le bénéfice/risque des incrétino-mimétiques liraglutide (Victoza°) et sitagliptine (Januvia°)1 dans le traitement du diabète de type 2 quand la metformine seule ne suffit pas? (suite…)

  1.  Les incrétino-mimétiques, nouvelle classe thérapeutique apparue en 2007, sont constitués :

    des analogues du GLP-1 antidiabétiques injectables : exénatide (Byetta°) et liraglutide (Victoza°),

    des inhibiteurs de la DPP-4 antidiabétiques oraux (aussi appelés gliptine) : sitagliptine (Januvia° et Xelevia°, Janumet° et Velmetia° en association fixe avec la metformine), saxagliptine (Onglyza°), vildagliptine (Galvus° et Eucreas° en association fixe avec la metformine []