surmédicalisation

Traitement du diabète de type 2 : des propositions alternatives

I-Tranches de vie :

•Mr B. est âgé de 60 ans, diabétique de type 2 et hypertendu depuis 20 ans. Il était réparateur d’appareils ménagers, métier qu’il aimait beaucoup. Du fait des changements d’habitudes de vie, on ne répare plus on change, à 50 ans il s’est retrouvé sans emploi ce qui l’a beaucoup affecté.
Quand il m’a choisi comme médecin traitant il prenait de façon très irrégulière son traitement et son HbA1c dépassait les 10% sous metformine et sulfamide. J’initialisais alors une “insulinothérapie simplifiée”. L’HbA1c s’améliorait mais Mr B. était toujours aussi irrégulier dans sa prise de traitement. En septembre 2012, alertée par le Dr Philippe Nicot sur le risque diabètogène des statines, je décidais alors d’arrêter la pravastatine faisant partie de son lourd traitement. Mr B. était alors transformé : amélioration de l’état dépressif, adhésion totale au traitement du fait de la disparition des effets indésirables notamment l’asthénie et les myalgies.
Depuis il va bien, son HbA1c s’est stabilisée autour de 8 % avec diminution des doses d’insuline.
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Vous avez dit campagne organisée de dépistage du cancer du sein par mammographie ?

Le 25 Avril 2014 était publié dans le BMJ un article intitulé  “Breast cancer screening pamphlets mislead women. All women and women’s organisations should tear up the pink ribbons and campaign for honest information” Gerd Gigerenzer (BMJ 2014;348:g2636(Les brochures de dépistage du cancer du sein trompent les femmes . Toutes les femmes et les organisations de femmes doivent arracher les rubans roses et faire campagne pour une information honnête des femmes.) et dont voici le préambule : “Pourquoi devrais-je passer une mammographie ?” Cette question est régulièrement posée dans les brochures pour le dépistage. La réponse est aussi régulièrement trompeuse. On leur dit ce qu’elles doivent faire, mais sans donner les faits nécessaires pour prendre des décisions éclairées. Cette forme de paternalisme a une longue tradition. Dans une campagne d’ affiche dans les années 1980, l’American Cancer Society déclarait : « Si vous n’avez pas eu une mammographie, il est nécessaire que vous ayez plus qu’un examen clinique de vos seins. » À la suite de ce paternalisme et de la culture de ruban rose, presque toutes les femmes ont  une fausse impression du bénéfice de la mammographie de dépistage. Par exemple, 98% des femmes en France, en Allemagne, et aux Pays-Bas surestiment  son avantage par un facteur de 10, 100, ou plus, ou ne savent pas. Plus surprenant, celles qui consultent fréquemment leur médecin ou lisent les brochures de santé étaient légèrement moins bien informées. Les femmes russes ont l’estimation la plus réaliste parmi celles des neuf pays européens de l’étude, non parce qu’elles ont plus d’information à leur disposition, mais parce qu’en Russie il y a moins de brochures trompeuses de type “rubans roses”. La désinformation doit cesser.”… (suite…)

L’effet diabétogène des statines : Premières notifications et revue de la littérature (thèse de Frédérick STAMBACH, le 20 mai 2014)

Accéder au texte intégral de la thèse

Les statines sont actuellement la classe thérapeutique la plus vendue au monde et sont commercialisées depuis 25 ans. Elles présentent de nombreux effets indésirables, les plus connus étant les effets indésirables hépatiques et musculaires. Au premier trimestre 2012 l’Agence Européenne du Médicament (EMA) et la Food and Drug Administration (FDA) ont émis des alertes concernant l’effet diabétogène des statines. Dans le cadre de son internat, Frérérick Stambach a effectué un an de stage dans le cabinet du Dr Philippe Nicot à Panazol. En rédigeant un courrier au cardiologue d’un patient présentant des myalgies sous statines, ils ont découvert l’alarme de la FDA. Afin de satisfaire aux obligations légales de déclaration des effets indésirables, ils ont décidé d’analyser l’ensemble des dossiers de la patientèle du Dr Nicot afin de repérer les patients ayant développé un diabète sous statine au cours des dix dernières années. Ils ont ainsi identifié quatre cas pouvant être compatibles avec cet effet indésirable, qui tous ont été déclarés au Centre Régional de Pharmacovigilance (CRPV), déclarations qui furent les premières en France concernant cet effet indésirable.

Capture d’écran 2014-05-21 à 10.52.15  (suite…)

Dans le cadre du suivi d’un diabète de type 2 un ECG annuel est-il recommandé?

Au regard des données actuelles de la science, un ECG annuel chez un diabétique à faible, moyen ou fort risque cardio-vasculaire n’est pas recommandé.

1) Situation clinique :

Capture_d-ecran_2014-01-29_a_17.32.27Mme N., âgée de 50 ans, diabétique depuis 5 ans me consulte dans le cadre de son suivi. Elle me présente un document que l’Assurance Maladie lui a envoyé concernant le service d’accompagnement Sophia et les examens de suivi recommandés. Elle me parle de l’ECG à faire tous les ans, son dernier ECG de surveillance datant de 11 mois.

2) Question :

Capture_d-ecran_2014-01-29_a_17.33.16          Dans le cadre du suivi d’un diabète de type 2 un ECG annuel est-il recommandé ?

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Dosages intempestifs de la vitamine D : stop!

Dans les années 2000  apparaissait une nouvelle maladie : la carence en vitamine D.

ampoule1Personnellement je la traitais comme un mirage, avec l’indifférence due à tout « disease mongering ».

Mais peu à peu, devant les demandes des patients, les prescriptions des confrères, le doute s’installait : et si c’était une vraie maladie ? Doute renforcé par des écrits comme ceux ci : « cette étude menée sur un échantillon national et sur l’ensemble de l’année montre que le risque d’insuffisance en vitamine D est fréquent, surtout en fin d’hiver et au début du printemps. Si le risque modéré ne s’accompagne généralement pas de signes cliniques d’ostéomalacie, il pourrait cependant constituer un facteur de risque d’anomalies osseuses, d’ostéoporose et de certaines maladies chroniques comme les cancers, les maladies cardio-vasculaires et dysimmunitaire »,1 « La vitamine D aurait également d’autres effets : prévention dans le développement de certaines maladies infectieuses, de certaines maladies auto-immunes ou à composantes auto-immune (sclérose en plaques, diabète de type 1, polyarthrite rhumatoïde et lupus), syndrome métabolique chez l’enfant et chez l’adulte, diabète de type 2, éventuel rôle dans la différentiation cellulaire en relation avec l’apparition de certains cancers ».2 . (suite…)

  1. BEH 16-17/ 24 avril 2012 []
  2. Bull.Acad.Natl Méd., 2012,196, nos 4-5, 1011-1015, séance du 15 mai 2012 []

Surdiagnostic et surtraitement

Un excellent article est paru début juin dans le British Medical Journal1: « Preventing overdiagnosis: how to stop harming the healthy » (Prévenir le surdiagnostic: comment arrêter de nuire aux personnes en bonne santé ?)

Les auteurs remettent en question la pertinence du dépistage systématique d‘un certain nombre de maladies (cancer du sein, thyroïde…). Ils présentent également plusieurs pathologies (asthme, certaines embolies pulmonaires, diabète gestationnel, hypertension artérielle, hypercholestérolémie…) dont certains critères de classification trop larges, l’hypersensibilité des tests, ont pu aboutir à un surdiagnostic avec parfois surtraitement.

Plusieurs facteurs seraient responsables de ce surdiagnostic. Selon les auteurs de l’article, une croyance intuitive dans la détection précoce, alimentée par une foi profonde dans la technologie médicale, serait sans doute au cœur du problème de surdiagnostic. (suite…)

Ouvrons les yeux!

De retour d’un délicieux colloque indépendant de l’industrie, «Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements», j’ai rédigé en toute simplicité ces quelques lignes:

Osons remettre en question: 

  • Les consultations médicales aboutissant trop souvent sur une prescription médicamenteuse
  • L’insuffisance d’information du patient notamment par manque de temps du médecin
  • Le gaspillage financier qui se fait au détriment de ce qui est réellement utile
  • L’hyperspécialisation de la médecine responsable de l’inflation des dépenses de santé
  • La détection précoce de certaines maladies ou médecine anticipative sans incidence sur la morbi mortalité
  • Le rôle d’éponge des dérives sociétales désormais dévolu au médecin
  • Le façonnage de certaines maladies et la médicalisation de la vie 
  • La peur induite par une médiatisation sélective de la maladie
  • Le lobbying de l’industrie, le pouvoir de l’argent et du monde financier en général et ce qu’ils nous dissimulent
  • Ce que les payeurs peuvent et doivent refuser de payer en particulier les examens, les tests et les traitements inappropriés

Osons simplement:

  • L’indépendance vis à vis des structures de pouvoir influentes
  • Avoir un esprit plus critique
  • Prendre le temps avec nos patients et les écouter
  • Ne pas nier, mesurer et réduire la médecine de gaspillage (iatrogénie, examens et traitements non pertinents destruction de médicaments non utilisés…)
  • Démédicaliser l’existence et retrouver les plaisirs simples de la vie au risque de perdre notre âme.
  • Ne pas considérer notre patient comme un ennemi procédurier
  • Faire preuve d’humilité
  • Ne pas nuire

Des courants sains d’introspections du corps médical existent. 

Puissent-ils redonner au système de santé un peu d’intégrité et d’humanisme.