Les médecins généralistes fondent-ils leur décision sur les données validées de la science ? (thèse C. FREISZ avril 2011)

Accéder au texte intégral de cette thèse

C’est la question que pose Charlotte Freisz dans sa thèse soutenue le 8 avril 2011.

A partir d’une étude sur les prescriptions médicamenteuses initiales dans l’hypertension artérielle, elle nous apporte une réponse sans complaisance et argumentée.

En spécifiant en préambule son absence de liens d’intérêts avec les entreprise du médicament, notre consœur remplit à la fois des conditions légales, mais aussi et surtout ses obligations morales envers ses lecteurs.

Dans une première partie, l’auteure fait un tour d’horizon très complet des connaissance sur le sujet, appuyé sur une bibliographie impressionnante.

Afin d’aborder le questionnement initial, Charlotte Freisz met en place une étude auprès de tous les médecins généralistes d’un département.
Ce sont 894 praticiens qui seront contactés directement et 381 qui fourniront un questionnaire exploitable.

Les réponses sont recueillies soit par contact téléphonique, soit par courrier, soit par le biais d’un questionnaire accessible par l’Internet.

Résumons les principaux résultats, mais la lecture complète de ce travail apporte de nombreux éléments de réflexions.

  • Dans près de 60% des cas, un Sartan sera le choix initial de prescription contre un peu de moins de 28 % des cas pour un diurétique thiazidique, molécule de référence dans cette situation.
  • L’étude ALLHAT n’est connue que de 20 % des médecins interrogés.
  • La connaissance de ALLHAT ne modifie pas le pourcentage de prescription de diurétique.
  • Démonstration de l’impact de la pression publicitaire en faveur des Sartan au détriment des prescriptions de référence.

Cette thèse est doublement remarquable.

Elle apporte dans un premier temps une information complète, permettant à tout généraliste de fonder ses décisions sur des données validées à ce jour.

Mais elle met aussi en évidence l’existence des influences qui peuvent s’exercer.
N’en déplaise à certains, nous sommes tous sujets à des influences potentielles.
Un Doctorat, fut-il de médecine, ne protège pas.
L’influence de l’industrie pharmaceutique est bien montrée, en particulier dans l’augmentation, sans fondement, des prescriptions de Sartan.

Avoir conscience  de ce risque est une donnée incontournable de la réflexion de tout soignant.

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ».
François Rabelais

 

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